‹ Louis 16. et sa courChapitre 117 sur 193 · CM AIM TUE IV · texte numérisé non relu

CM AIM TUE IV

sions et de folies quelques ressources d’esprit, quelque dextérité d’action, on ne s’expliquerait pas que de telles choses se fussent prolongées quatre années. Calonne eut quelquefois la main habile, et fut ingénieux dans ses expédients : ses premières mesures jetèrent l’illusion même dans le public; ce fut alors qu’un homme de Versailles s’écria , dit-on : « Je savais bien que M. de Calonne sauverait la monarchie, mais je ne croyais pas qu’il y parviendrait en si peu de temps. » Comme il n’y avait, pour certains politiques, que la finance qui Ht question, c’était sauver la monarchie que de donner au crédit quelque réveil et de vider encore, à force de prestiges, la poche des prêteurs.

Calonne rétablit le bail des fermes, fit reprendre à la caisse d’escompte ses opérations, solda l’intérêt arriéré des rentes. 11 fallait de l’argent; il ouvrit un emprunt, mais qui ne fut point rempli. Sans se déconcerter de l’échec, il en ouvrit un nouveau (i). Ces premières émissions se firent à des conditions assez heureuses pour le trésor. Calonne n’avait ni la tête financière de Neeker ni le grand avantage de sa probité. 11 se trouvait en face d’une dette qui avait doublé en huit ans; cependant il eut quelque prise sur le crédit, et il imprima du mouvement. L’argent qu’il se procura atteste qu’il y eut de

( 1 ) Édit portant ouverture d’un emprunt de cent millions en rentes viagères ( décembre 1783). Anciennes lois françaises ; Louis’ XVI, t. VI, p. 352. Éd. in-8°, 1827.

LOUIS XVI ET SA COl’R.

Fai sauce et que le commerce prit un certain essor à partir de la paix. L’agitation brillante de Galonné plaisait aux spéculateurs. Sa confiance, l’étalage de ses promesses, ce singulier aplomb avec lequel il garantissait à chaque emprunt un avenir de plus en plus brillant , toute cette magie de l’enchanteur séduisit les uns, amusa les autres, et procura la diversion d’un spectacle qui dura quatre ans.

Pour que rien ne manquât, si on peut le dire, à l’affiche de sa comédie, Galonné établit avec grand bruit une caisse d’amortissement , institution sage dont il avait déjà été fait des essais ( i), mais qui ne pouvait fonctionner sérieusement avec un système tout d’expédients, et à coté d’un déficit effroyable qu’il fallait commencer par couvrir. Pour Galonné , ce ne fut qu’une bruyante annonce, une amorce propre à faire de l’argent; après quoi, malgré les engagements les plus solennels (2), il 11e s’embarrassa point de faire les fonds de son amortissement ( 3 ).

Quand on relit ces ordonnances et ces édits signés

(1) Édit du mois de mai 1749 et de 1764.

(2) On lit dans cet édit : « Nous déclarons solennellement, que nous regardons les fonds assignés par notre présent édit à la caisse des amortissements comme la propriété imperturbable des créanciers de l’État , et que nul motif, nulle circonstance ne pourra jamais nous faire départir, etc., etc. » ( 4nc. lois franc.; règne de Louis XVI. Éd. in-8°, 1827, t. V, p. 467.)

(3) Voir Mon thyon, Particularités , etc., p. 283.

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