‹ Louis 16. et sa courChapitre 145 sur 193 · C II A I* 1 T H E V · texte numérisé non relu

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triche et de Trianon. L’espèce de fermeté que Galonné tenait de son imprudence naturelle, Loménie ne l’avait même pas; et il le prouva, quand , après la séparation des Notables , il demeura un instant si incertain de la marche qu’il adopterait. On s’attendait à des mesures péremptoires, à un parti pris décisif; on parlait d’une séance royale, d’un enregistrement solennel. C’était a Versailles cju’on devait signifier au Parlement les résolutions des Notables. C’était Là le plan de l’ancien contrôleur général, tel qu’il l’avait fait adopter en conseil. L’archevêque de Toulouse n’eut pas la force de réaliser ce projet : il demanda l’enregistrement dans les formes ordinaires, lentement, successivement, contre l’avis de Lamoignon lui-même, dont l’esprit de peu de portée discernait au moins les nécessités de la situation. Cela parut à l’arcbevêcpie un fait énorme qu’une séance royale; à ses yeux, l'état des affaires ne le demandait pas. On a dit que cette faute avait été la plus grande de toutes les fautes de M. de Brienne , et on a cru à la possibilité du succès parce qu’il avait été manqué. A coup sêir, Brienne ne vit rien de ce que prescrivait la circonstance, mais peut-être qu'à cette heure la situation était telle que des fautes ne pouvaient pas plus la perdre que des moyens supérieurs la relever.

On enregistra donc, selon la coutume, les édits sur la corvée, sur le commerce des grains, sur les assemblées provinciales. Ces trois ordonnances passèrent sans

trouble ; à peine si un murmure d'opposition s'éleva sur les assemblées provinciales. On se recueillait, pour ainsi dire, dans une modération dont le ministre fut la dupe, afin de pouvoir se montrer plus intraitable quand il s’agirait de l’édit de finance. C’était une manœuvre : on se repliait sur le point où le plus grand effort était nécessaire. Dans son infatuation singulière, Brienne ne vit pas ce qui allait arriver : il lança l’édit du timbre , et le Parlement prit l’attitude qu’il avait méditée. Il répondit comme les Notables, qu’avant d’enregistrer un impôt il avait besoin d’en reconnaître la nécessité, et il réclama les états de recette et de dépense. Une telle proposition était exorbitante, mais le droit importait moins alors que la popularité (i). La demande fut repoussée. C’est à ce moment qu’un conseiller clerc, Sabatier de Cabre, soutint que les États généraux avaient seuls le droit de voter l'impôt, et qu’il importait de rap-

(1) Un historien, M. Lacretelle , relève avec raison l’étrange faute que commit Brienne, en présentant l’édit du timbre avaut l’édit de la subvention territoriale ; c’était ce dernier, en effet, qui blessait le plus le Parlement. « Mais il ne pouvait le repousser sans réclamer les privilèges de la noblesse et du clergé , et par là il risquait de s’aliéner la plus grande partie de la nation. Loménie de Brienne eut la maladresse de tirer le Parlement de cet embarras : ce fut l’impôt du timbre qu’il lui présenta d’abord. Un impôt du même genre avait servi de prétexte au soulèvement des colonies anglaises contre leur métropole. Les orateurs du Parlement de Paris étaient fiers d’avoir à répéter les raisonnements des publicistes américains. » (Lacretelle, Hist. du dix-huitième siècle , t. VI, p. 171. )

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