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sortir d’une séance du Parlement , la dénonciation de Calonne , dont on demanda la mise en jugement , toutes ces marques frappantes d’une situation qu’un ministre ne pouvait plus dominer, finirent par troubler la sérénité de Brienne, mais ne produisirent en lui que de la colère : le Parlement fut exilé. Tous les efforts de conciliation tentés par le duc de Nivernais et Malesherbcs, rappelé au conseil depuis que Lamoignon , son parent, avait pris les sceaux, étaient restés sans résultat. On relégua le Parlement à Troy es (i 5 aout 1 787) ( i ). C’était mettre la dernière main à sa popularité; c’était mettre de son
cinq ans. Les charges de magistrature se transmettaient le plus souvent de père en fils , et les grades se conféraient comme en famille , après des examens de pure formalité. On devenait avocat-général ou conseiller au Parlement en quittant les bancs de l’école. 11 faut faire remarquer encore que lors du rappel de l’ancien Parlement , un grand nombre de conseillers qui s'étaient retirés dans leurs terres, ne se soucièrent pas de rentrer en fonctions, et préférèrent transmettre leurs charges à leurs enfants. Il eût été prudent, il semble , au gouvernement (fui rappelait les parlements , de déterminer l’âge où l'on entrait en charge , ou bien de n’accorder le droit de voter dans les affaires politiques qu’aux magistrats ayant acquis de l'expérience et une certaine maturité.
(I) « Kemontranees du Parlement, où la cour arrête qu’elle ne • cessera ses très-humbles et très- respectueuses instances auprès « du seigneur roi, jusqu’à ce qu’il lui ait plu de rappeler son Parle- « ment séant à Paris, pour continuer de rendre la justice à ses « peuples, et d’instruire le procès commencé sur l’administration « du sieur de Calonne; comme aussi arrête de supplier ledit sei- « gneur roi d'assembler incessamment les Etats généraux pour « sonder les plaies profondes de l'Etat, et y apporter les remèdes « convenables. » {.Inc. fuis fr., règne de Louis XVI, t. VI. p. 121.)
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coté toute la France. Il n’y eut pas un parlement de province qui ne protestât contre cet exil ; pas un qui ne demandât la mise en jugement de Galonné : la cour des Comptes imita les parlements (i). Il y eut des troubles à Paris; Loménic, qui profitait de tout, se fit nommer premier ministre, vu la gravité des circonstances, et les maréchaux de Ségur et de Ca stries, ne voulant pas subir cette hiérarchie, donnèrent leur démission. Ainsi, cet homme restait seul en présence d’un mal qu’il avait tant et si vite accru. Après qu’il eut bien excité l’intérêt universel en faveur des exilés de Troyes, il comprit enfin qu’il était temps de négocier.
Mais quand les pouvoirs arriérés négocient , c’est que le moment n’est pas loin oii ils capitulent. Brien ne écrivit de sa main au premier président; il retira les deux édits qui avaient soulevé la tempête. Il en revint à l’imposition des vingtièmes, et il rappela ( 20 septembre ) le Parlement , qui , oubliant bien vite qu’il venait de se déclarer incompétent en fait d’impôts, enregistra l’édit des vingtièmes. Dans cette transaction , chaque parti 11e sembla s’êtreoccupé, comme on l’a dit, que d’amener l’autre h faire un acte honteux . Mais les concessions ne portèrent pas loin : toutes les négociations se rompirent
(1) Trois arrêtés du même jour (27 août), contenant appel aux Ktats généraux contre lesdits établissements des impôts , Puii de la cour des Aides , l’autre de la cour des Comptes, et le troisième de la cour des Monnaies. (Id. t id., p. 425.)