CHAPITRE V
de ses embarras intérieurs , le retirait de partout. On pressentit la fin de cette France monarchique, officielle, qui se repliait sur elle-même pour mourir; elle devenait chaque jour plus isolée : les autres cabinets s’entendaient, se nouaient par des traités, se faisaient de hautes j>olitesses, affichaient de grands desseins. Ainsi on avait vu, par exemple, Joseph II (1787) accompagner la grande Catherine dans son fameux voyage de Crimée, à travers les villes fantasmagoriques bâties en une nuit par Potemkin. Ix* motif réel de ce voyage était une pensée d’agrandissement : Joseph II se disait que la Turquie était encore meilleure à partager que la Pologne. Ainsi, Catherine avait retrouvé écrite, sur les poteaux de ses routes impériales, la plus intime pensée de son cabinet : « C’est ici le chemin de Byzance! » La Russie, l’Autriche, l’Angleterre, tous les grands États cherchaient à se mouvoir, «à se répandre; la France, elle, concentrée dans son existence intérieure, 11e voyait de remède à la situation dont elle souffrait que dans les États généraux. Les hommes qui la dirigeaient avaient tant à faire au dedans qu’ils ne regardaient plus au dehors. O11 n’eût pas pressenti dans cette France de Briennc, celle qui bientôt allait la remplacer. On n’eût pas reconnu le pays dont le grand Frédéric disait que, s’il en était le roi, on ne tirerait pas un coup de canon sans sa permission en Europe. Ce grand homme était mort le 17 août 178G, et la monarchie qu’il avait faite par son épée et