‹ Louis 16. et sa courChapitre 183 sur 193 · CM API T HE VI · texte numérisé non relu

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sage clans toutes les villes fut célébré par des réjouissances; il sortit de Marseille, écrit-il , avec une escorte de cinq cents jeunes gens à cheval , et de trois cents carrosses ( i ) . Il eut bientôt à faireemploidecettesouverainctéd’opinion qu’il s’était faite: des populations se soulevèrent, et la seule présence de Mirabeau les fit rentrer dans l’ordre; il eut le pouvoir de leur faire applaudir ce qui était contre leur intérêt et leurs passions. Ce fut à Marseille d’abord : la disette, comme partout, se faisait durement sentir, et la faim poussa le peuple à s’y soulever, pour obtenir une diminution de prix du pain. Des scènes de pillage, des vengeances, effrayèrent les municipaux, qui cédèrent et fixèrent, sur les injonctions de la multitude, le pain à deux sous; mais un taux si bas eût été la ruine des marchands. Dans l’inquiétude de perdre ce qu’il avait con-

(1) Ce fragement d’une lettre écrite par Mirabeau au comte de Caraman, commandant de la province, et qui fut imprimé, est un curieux témoignage de ce qu’était , en Provence , cette popularité de Mirabeau : « Figurez-vous, Monsieur le comte , cent vingt mille individus dans les rues de Marseille ; toute une ville si industrieuse et si commerçante ayant perdu la journée ; les fenêtres louées un et deux louis, les chevaux autant , le carrosse de l’homme qui n’a été quéquitable couvert de palmes , de lauriers et d’oliviers ; le peuple baisant les roues, les femmes lui offrant en oblation leurs enfants ; cent vingt mille voix , depuis le mousse jusqu’au millionnaire , poussant des acclamations et criant : Vive le roi ! quatre ou cinq cents jeunes gens des plus distingués de la ville le précédant , trois cents carrosses le suivant: vous aurez une idée de ma sortie de Marseille. » ( Mèm. de Mirabeau , t. V, p. 282. )

quis, le peuple restait debout et continuait de s’agiter. On fit appel à Mirabeau dans cette situation alarmante; il accourut, il s’empara de la multitude, et lui fit entendre raison. A Aix, à Toulon, où des troubles pareils éclatèrent, il exerça le même ascendant; à Ma-

nosque, ce fut un évêque qui s’était signalé par sa vio- »

lence aux Etats et que Mirabeau arracha aux mains des paysans. Tandis qu’il s’employait à toutes sortes de services pareils, Aix et Marseille le nommaient représentant du tiers aux Etats généraux.

Les liantes classes dans les autres provinces firent éclater moins liant leur résistance. Les manifestations tumultueuses n’eurent guère lieu que dans les pays qui

avaient des Etats (i); mais presque partout il y eut des intrigues et des protestations signées contre les actes du gouvernement. Un arrêt du conseil défendit et déclara milles toutes ces protestations ( 2 ). Une province seulement se fit remarquer par un bel accord entre ses trois Ordres, ce fut le Dauphiné : tous trois votèrent ensemble, et s’entendirentjusqu’à ne faire qu’un cahier commun (3). A Paris , les premiers Ordres, qui en étaient l'élite, en position comme en lumières, manifestèrent un pareil vœu de conciliation : ils demandèrent des cahiers com-

(1) Protestations de la noblesse de Bourgoguc; Voir Réimp. do l'anc. Moniteur, t. I, p. 555.

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