‹ Louis 16. et sa courChapitre 42 sur 193 · CH AI' IT HE II · texte numérisé non relu

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la féodalité. <• Il fallait ordonner la suppression générale de ce droit, sauf une indemnité pécuniaire , et l’opinion publique était si fortement prononcée sur cet objet, qu’elle aurait imposé silence à toute réclamation et surmonté tout genre de résistance (i). »

L’idcc des assemblées provinciales appartenait à Turgot , ou plutôt à tout le monde; d’Argenson l’avait inspirée à Louis XV, qui la proposa et la laissa rejeter à son conseil. Sous le ministère de Choiseul, cette idée fut repoussée une seconde fois, et se réfugia dans les livres des économistes. Mirabeau le père y avait attaché l’éclat quelque peu dérisoire de son nom. C était la préoccupation d’une foule d’esprits qui passaient pour très-éclairés. Sortie des mains de Turgot, qu’elle compromit, et reprise par Neckcr, cette idée, en somme, n etait pas heureuse, malgré 1 espèce de popularité qu on lui avait faite. M. Neckcr dans son Mémoire au Roi a tracé les conditions essentielles de son administration piovineiale, cl quoiqu’il s’entoure de précautions pleines de prudence, il ne peut réussir à en faire une idée de gouvernement; car elle créait des centres quelle ne i (liait pas assez fortement ( 2 ); elle perpétuait trop de diflé-

(1) Mouthyon , Particul. sur les ministres des finances, p. 241

( 2 ) L’idée de Turgot n’avait pas tout cet inconvénient. Son plan, jugé en lui-même , est supérieur au plan de Nccker; cest du moins un bel ensemble logique; mais Nccker ne I adopta pas. Av oit-il cru que rinconséqucnee était de rbabiletc politique? O/.ur. de AcrÂc/, Notice, t. l or , p CXIV.

loi) LOUIS XVI ET SA COUR.

ronces, nuisait à la rapidité administrative, et préjudiciait gravement à l’unité politique.

Sur ce problème, Turgot et Neckcr semblent être des girondins anticipés. Toutefois l'illusion entraîne pour eux une responsabilité moins pesante, car ils n’avaient point l’enseignement d’une révolution. Louis XIV appelait Fénelon « un bel esprit chimérique; » dans ce noble sens il y avait du Fénelon en Turgot et en Nccker, esprits plus élevés que puissants, et dont l’heure semble passée, quand on est à la veille des révolutions.

Ce n’était point en 1778 que l’invention des assemblées provinciales pouvait être d’une grande ressource : ce dont on souffrait précisément , c’était de l’inanité du pouvoir; la société politique n’était ni dirigée ni maintenue. Il aurait fallu ramasser toutes ces forces divisées, éparses, et leur imprimer une concentration puissante. C’est là ce que l’invention des assemblées provinciales 11e faisait point. Au contraire, elle consacrait cette division de forces, en voulant l’organiser. Si elle y était parvenue, Nccker aurait eu à rendre un compte plus sévère, devant l’histoire, de la fortune que du malheur de son dessein.

Au-dessous de Turgot pour la conception systématique des assemblées provinciales, Nccker fut au-dessous de lui-même cjuand il s’agit de réaliser cette conception. Il montra la timidité qui tâtonne au lieu de la décision qui enlève la difficulté. Certes, on ne put reconnaître

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