‹ Louis 16. et sa courChapitre 44 sur 193 · I.OUIS XVI ET SA COU H · texte numérisé non relu

I.OUIS XVI ET SA COU H

dépendantes de l’État i ). La seule chose qu’il ycûtà louer dans rétablissement des assemblées provinciales, c’était la tendance qu’elles révélaient : la nécessité, fortement sentie, d’appeler un plus grand nombre d’intelligences au maniement des affaires publiques. Mais, au point devue de l’intérêt des masses elles-mêmes, il ne fallait pas sacrifier à l’apprentissage de la vie politique l’indivisibilité du pouvoir. Necker l’oubliait trop, puisqu’il n’avait pas élevé, comme Turgot, d’assemblée supérieure au-dessus de toutes les assemblées de provinces. Un homme qui concevait et réalisait si bien l’ordre en matière de finances semble avoir peu compris, en cette circonstance, ce qui constitue l’ordre en politique, le sentiment de la hiérarchie des pouvoirs.

Les parlements , qui avaient enregistré les emprunts

(1) Le roi nommait seize propriétaires, dont trois choisis dans le clergé , cinq dans la noblesse et huit parmi les habitants des villes et des campagnes. Ces seize administrateurs pouvaient en nommer trente-six autres. Nous n’avons point ù discuter ce mode de nomination, qui n’appartenait ni au roi ni aux propriétaires, mais aux administrateurs eux-mêmes. A l'origine de cet établissement , les membres des assemblées durent être choisis par quart : un quart pris dans le clergé , mi quart dans la noblesse , les deux autres quarts dans le tiers des villes et campagnes; les trois ordres distincts , votant par tête et présidés par le clergé. Plus tard seulement Necker réduisit le nombre des ecclésiastiques du quart au cinquième, alors qu’on trouva qu'il leur était beaucoup trop favorable. Quand on lui adressait ce reproche, on ne réfléchissait pas assez qu’étant dans une position très-délicate vis-à-vis du clergé puisqu'il était protestant . il avait plus à faire qu'un autre pour se concilier les influences de ce corps.

Page 1