PRÉFACE
Après avoir livré ma tragédie aux dangers de la représentation, je me proposais de la soumettre à l’épreuve de la lecture, sans user du privilège , dont abusent si souvent les auteurs, d’entretenir le public d’eux et de leurs ouvrages; un article du Journal de Paris a changé mes résolutions. Ce journal m’a révélé l’existence d’une tragédie ayant pour titre : Louis IX dans les fers, et imprimée, dit-on, à Agen, en 1818 : Le rédacteur a feint de croire que j’avais profité de cette pièce pour composer la mienne, et je déclare au lecteur, qui peut maintenant comparer les deux ouvrages, qu’avant l’article du Journal de Paris je n’avais aucune connaissance de la tragédie de M. D**\
A l’époque où Cou prétend que cette pièce a
ij PRÉFACÉ,
été imprimée ( il est digne de remarque que personne n’en a entendu parler avant l’annonce de la mienne sur l’affiche de la Comédie Française), non seulement le plan de ma tragédie était arrêté, mais les quatre premiers actes étaient faits et connus de mes amis, ainsi que de plusieurs acteurs auxquels les rôles étaient destinés. Comme j’ai puisé les matériaux de mon ouvrage dans les mémoires du temps, et que je me suis particulièrement attaché à reproduire tous les détails historiques qui pouvaient trouver place dans mon action, il n’cst pas étonnant que le choix de la même époque, et des mêmes personnages, ait donné lieu à quelque ressemblance entre les deux pièces ; et l’on ne sera point surpris de retrouver dans l’une et dans l’autre la proposition faite au roi d’abjurer la religion de ses pères, l’offre dVgorger le Soudan , le personnage du renégat fourni par les mémoires du temps, ainsi que ce mot si connu : J’y songeais / D’ailleurs, ma tragédie est reçue depuis sept