‹ Louis 9. tragedie en cinq actesChapitre 31 sur 57 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

NOURADIN.

Nous les vaincrons encore.

ALMODAN.

Songe que le destin peut trahir ta valeur.

NOURADIN.

On doit craindre la honte , et non pas le malheur.

ALMODAN.

Je perds en les sauvant le fruit de ma victoire.

NOURADIN.

Tu perds en hésitant mon estime et ta gloire.

Quoi ! Soudan , de l'honneur méconnaissant la voix ,

Tu pourrais sous tes pieds fouler toutes les lois !

Au mépris d’un traité, des guerriers magnanimes D’un aveugle courroux deviendraient les victimes!

Et quel est leur forfait? qui t’anime contre eux?

Captifs toujours soumis , et vainqueurs généreux , Depuis que la fortune a trompé leur courage ,

Les a-t-on vus , dis-moi , pour sortir d’esclavage ,

Un instant contre nous armer la trahison ?

De chaque chevalier tu fixas la rançon ;

La rançon t’est livrée , il faut rompre leur chaîne : Obéis à l’honneur.

ALMODAN.

J’obéis à ma haine.

D’un semblable discours je reste confondu.

Quoi ! des chrétiens

NOURADIN.

Soudan , je n’ai point prétendu •Cacher les sentiments que leur vertu m’inspire ;

Armés , je les combats ; captifs , je les admire.

ALMODAN.

Est-ce à toi , leur vainqueur , à les défendre ainsi ?

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