N OU RADIN
C’est l’honneur musulman que je défends ici.
Au bruit de tes dangers je quittai la Syrie,
Je t’offris mes secours : parents , sujets , patrie ,
Rien alors , tu le sais , ne put me retenir ,
Et de Massoure encor tu dois te souvenir.
J’ai vaincu les chrétiens, j’ai vengé ton injure;
Je sauvais un ami M’abandonne un parjure.
ALMODAN.
Eh bien ! tu peux partir : je ne te retiens plus.
Tes discours , tes efforts , tes soins sont superflus ; C’est en vain qu’on prétend désarmer ma vengeance , Louis et ses guerriers sont perdus pour la France. NOÜBADIN.
Voilà donc ton projet? apprends quel est le mien. Pour dessiller tes yeux je ne ménageai rien ;
Tu m’oses résister: que ton sort s’accomplisse.
Te servir désormais , c’est être ton complice ;
N’y compte pas. Soudan , tu connais le traité :
Il faut qu’avant une heure il soit exécuté ,
Ou dan* toi ton ami ne verra plus qu’un traître. ALMODAN.
Qui t’a donné le droit de me parler en maître?
Crois-tu que je consente à recevoir ta loi ?
Seul je suis maître ici.