‹ Louis 9. tragedie en cinq actesChapitre 5 sur 57 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

Abjurant ma faiblesse, et domptant la nature,

J’ai marché sans regret, et souffert sans murmure. Ah ! quel guerrier français pourrait trembler pour soi En songeant aux périls qui menacent son roi ? Comme nous, Châtillon, captif de l’infidèle,

Des plus rares vertus nous offrant le modèle.

Il donnerait ses jours pour sauver les chrétiens.

A l’aspect de ses maux je ne sens plus les miens.

CHATILLON

Je plains les maux du roi, j’admire sa constance ;

Mais je crains d’Almodan l’implacable vengeance. JOINVILLE.

Qu’entends-je? Croirons-nous qu’il viole un traité Qu’a scellé son serment, que lui-même a dicté?

Nos rançons aujourd’hui lui vont être livrées :

* Et, quittant pour jamais ces funestes contrées,

Nous reverrons bientôt les champs de nos aïeux.

Ne désespérons point. On marche vers ces lieux.

C’est le Roi.

CHATILLON

Nos destins lui sont connus, sans doute.

JOINVILLE

J’espère en sa présence.

CHATILLON

Et moi , je la redoute.

Il approche.

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