PHILIPPE, CHEVALIERS CHRÉTIENS
LOUIS
Chrétiens , interdits et muets ,
Vous arrêtez sur moi vos regards inquiets;
D’avance dans mes yeux vos yeux cherchent à lire.
Du sort qui nous attend quand je dois vous instruire,
Je sens, ô mes amis, tout mon cœur se briser :
Mais je vous connais trop pour vous rien déguiser. CHATILLON, à part.
Dieu! quel soi test le nôtre? et qu’allons*nous entendre?
A quitter ce rivage il ne faut plus prétendre.
Le perfide Soudan, au mépris des traités,
Des peuples et des rois jusqu’ici respectés,
Refuse nos rançons , et fidèle à sa haine ,
Des chevaliers chrétiens appesautit la chaîne !
Nous avons tout à craindre! ou plutôt, mes amis,
Aux décrets éternels aveuglément soumis,
Courbant un front coupable, acceptons avec joie Les nouveaux châtiments que le ciel nous envoie :
Qui put les mériter doit savoir les souffrir.
CHATILLON
Eh quoi! dans l’esclavage il faudra donc périr!
Et qui nous entraîna loin de notre patrie?
Que venions-nous chercher au fond de la Syrie, Pourquoi vers le Jourdain appeler vos sujets?
Dieu n’a point approuvé vos funestes projets!