SCÈNE PREMIÈRE
MARGUERITE
On m’arrache à Louis!... a-t-il cessé de vivre?
A-t-on frappé mon fils? Et je n’ai pu les suivre !
Et je trouve par-tout de barbares soldats
Qui ferment les chemins, qui retiennent mes^as !
J’entends autour de moi le bruit affreux des armes;
Et seule en ce palais arrosé de mes larmes,
Et j’espère et je crains... S’ils avaient échappé;
Si le Soudan... Non , non ; le cruel a frappé.
Ils ont péri. Chassons une vaine chimère.
Quoi ! tout-à-l’heure encor j’étais épouse et mère.
Dieu ! que m’as-tu laissé? les larmes, leur cercueil.
Mon fils n’est plus !.. Ce fils il était mon orgueil.
Cher enfant, que de joie au jour de ta naissance!
I’ar quels chants d’alégresse et de reconnaissance Le Français, ô mon Dieu, bénissaut ta bonté,
Célébra mon bonheur et ma fécondité !
Plus de chants de bonheur. France, inon fils succombe; Et l’espoir d’un beau régne est perdu dans la tombe.