CHAPITRE IX
Toutes les fois que je vous écris, je voudrais pouvoir terminer ma lettre en vous disant que jespèie a\oii bientôt le plaisir de vous voir; mais il faut travaillei d’arrache-pied, c’est mon sort, et les jouissances qui y sont attachées me font trouver mes occupations douces, quelque nombreuses qu’elles soient
Tandis que ces divers travaux zoologiques d’Agassiz étaient ainsi poursuivis avec une activité incessante, les glaciers et leurs phénomènes particuliers, qui avaient captivé son imagination à un si haut degré, occupaient toujours sa pensée. En août 1838, une année après avoir fait connaître à la réunion de la Société helvétique sa théorie de l’action de la glace sur tout l’hémisphère nord, il lit deux importantes excursions dans les Alpes; la première dans la vallée du Hasli et la seconde aux glaciers du Mont-Blanc. Il était accompagné par son collaborateur M. Desor, dont l’intrépidité et l’ardeur égalaient presque celles d’Agassiz, par son dessinateur, M. Dinkel, et par un ou deux étudiants et amis.
Ces excursions furent le début de séjours plus longs et d’une série d’observations qu’Agassiz et ses compagnons firent dans les Alpes et qui, plus tard, produisirent une profonde impression dans le monde scientifique. Mais quoiqu’ils n’emportassent avec eux que le matériel le plus indispensable pour faciliter leurs recherches et leurs expériences, ces premières explorations n’étaient nullement des excursions d’amateurs. Agassiz avait tracé dans son esprit le cadie qu’il se proposait de remplir. La signification des phénomènes glaciaires était déjà claire pour lui, ce