‹ Louis AgassizChapitre 115 sur 387 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ment le grand naturaliste dont la réputation était européenne.

C’est à l’occasion de ce séjour dans les Alpes, qu’Agassiz écrivit sa première lettre en anglais ; elle est adressée à Buckland et contient le passage suivant : « Depuis que j’ai vu les glaciers, je suis d’une « humeur tout à fait neigeuse; je veux que toute « la surface de la terre ait été couverte de glace et « que toutes les créations qui ont précédé la nôtre « soient mortes de froid. En effet, je suis entièrement « convaincu que tous les derniers changements, sur- « venus à la surface de l’Europe, doivent être attri- « hués à l’action de la glace. »

La réponse de Buckland paraît curieuse, si l’on réfléchit aux travaux qu’il entreprit plus tard avec Agassiz sur les anciens glaciers et moraines d’Angleterre, d’Écosse, d’Irlande et du pays de Galles : « Je « regrette de ne pouvoir adopter entièrement la nou- « velle théorie que vous soutenez pour expliquer le « transport des blocs erratiques par les moraines, « car, en supposant même qu’elle suffise pour jus- « tifier ce phénomène en Suisse, elle ne pourrait être « appliquée aux blocs de granit et aux dépôts de « gravier en Angleterre, que je ne puis attribuer « qu’à l’action de courants d’eau. »

Pendant le même été, Mme Buckland, voyageant en Suisse avec son mari, écrit d’Interlaken à Agassiz :

« Nous avons fait une jolie excursion dans l’Ober-

« land et nous avons vu les glaciers mais le

« D1' Buckland est plus loin que jamais d’avoir la « même opinion que vous. »

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