CHAPITRE XI
« neige et de glace, je ne vois plus où l’on pourrait « s’arrêter. En partant de cette hypothèse, vous ai lift veriez à remplir aussi la Baltique et les mers du a Nord, à couvrir le sud de l’Angleterre, ainsi que la « moitié de l’Allemagne et de la Russie, de couches « de glace à la surface desquelles auraient été sémés « tous les blocs erratiques du Nord. Aussi longtemps « que la plupart des géologues d’Europe seront oppo- « sés à la vaste extension de cette théorie glaciaire,
« il y aura peu de chance qu’une pareille doctrine « s’empare bien profondément des esprits... En tout « cas, l’existence de glaciers en Écosse et en Angle- « terre, comme dans les Alpes, n’est pas établie à la « satisfaction, je crois, du plus grand nombre des « géologues anglais. »
Vingt ans plus tard Murchison, avec une rare candeur, adressait à Agassiz les lignes suivantes :
« Je vous envoie mon dernier discours d’anniver- « saire que j’ai écrit moi-même en entier. Je vous « prie de croire que, dans la partie qui a trait à la « période glaciaire et à la géographie physique de « l’Europe telle qu’elle existait à cette époque, j’ai « eu le plus sincère plaisir à avouer que j’avais eu « tort de m’opposer, comme je l’ai fait, à votre gran- « diose et originale conception au sujet des monta- « gnes de mon pays. Oui ! Je suis maintenant con- « vaincu que les glaciers descendaient des montagnes « dans les plaines, comme c’est le cas maintenant au « Groenland. »
Pendant l’été de 1842, à peu près au moment où Murchison combattait la théorie glaciaire, Agassiz recevait d’autre part une preuve particulièrement ré-