CHAPITRE XII
jusqu’à ceux de nos mers, de nos rivières et de nos lacs actuels, descendent d’un commun type, inférieur et original, par le moyen du développement et par la propagation ou génération naturelle? Je dirai : non\ mais mes connaissances sont faibles et de seconde main; les vôtres sont fortes et puisées à la source même;
2° Le type organique des poissons est-il plus élevé actuellement qu’il ne l’était durant la période carbonifère, lorsque les Sauroïdes étaient si abondants ? Si la théorie progressive de Geoffroy était vraie, chaque classe d’animaux devrait être progressive dans son type organique. Or, il me semble que cela n’est pas vrai. Dites-moi, s’il vous plaît, quelles sont vos idées à ce sujet;
3° Il y a dans le vieux grès rouge des poissons baroques, comme nous les appelons en plaisantant. Ceux-ci passent-ils graduellement aux crustacés de manière à former quelque chose qui fasse croire à un lien organique, à ce point que l’un puisse provenir de l’autre par génération. D’après vos ouvrages, je dirai non. Mais, en admettant même la chose en vue de la discussion, n’y a-t-il pas des types de poissons, beaucoup plus élevés, qui sont contemporains des types inférieurs (si en réalité ils leur - sont inférieurs), et ces poissons plus perfectionnés du vieux grès rouge n’anéantissent-ils pas l'hypothèse d’un développement par voie de génération naturelle ?
4° Donnez-moi en quelques termes généraux vos vues sur le rang qu’occupent les poissons du vieux grès rouge, considérés comme un groupe naturel. Sont-ils rudimentaires au point de ressembler à des avortons ou à des créatures dérivées de quelque classe inférieure et dont le développement n’a pas encore atteint le type plus élevé du poisson ? Je dirai de nouveau non, mais il me tarde d’avoir la réponse d’une autorité comme la vôtre. Je suis très impatient d’avoir une idée générale exacte