‹ Louis AgassizChapitre 163 sur 387 · AGASSIZ. LETTRE DE SEDGWICK · texte numérisé non relu

AGASSIZ. LETTRE DE SEDGWICK

dégoût; et quand ils parlent de générations spontanées et de transmutation d’espèces, ils me font l’effet de juger la nature par une hypothèse, au lieu de juger leur hypothèse par la nature.

Où sont les faits sur lesquels on pourrait établir une vérité inductive? Je nie leur point de départ. « Oh ! répliquent-ils, nous avons le développement progressif en géologie. » Eh bien ! je conviens, comme tous les géologues doivent le faire, qp’il y a un certain développement progressif. Par exemple, les premiers poissons viennent avant les reptiles, et les premiers reptiles sont plus anciens que l’homme. Je veux dire que nous avons des formes successives de vie animale, adaptées aux conditions successives (ce qui prouverait un plan) et non pas dérivées l’une de l’autre par une succession naturelle d’après les voies ordinaires de la génération. Mais si aucun fait isolé, dans la nature actuelle, ne nous permet de supposer que les nouvelles espèces et les nouveaux ordres ont été produits successivement selon la manière naturelle, comment ont-ils commencé ? Je réponds : d’une manière en dehors et au-dessus de ce qui est connu sous le nom de nature matérielle, et cette manière, je l’appelle création. Génération et création sont deux idées distinctes qui doivent être exprimées par deux mots distincts, à moins que nous ne voulions introduire une confusion complète d’idées et de langage. Je crois que vous êtes d’accord avec moi à ce sujet, car je vous en ai parlé quand nous nous sommes vus à Dublin, il y a, hélas ! déjà dix ans. Auriez-vous la grande bonté de me donner votre très précieuse opinion sur un ou deux points ?

1° Est-il possible, suivant les lois connues de la nature actuelle, ou est-il probable, d’après une analogie quelconque de la nature, que les immenses séries de poissons, depuis ceux du rocher de Ludlow et du vieux grès rouge,

LOl'IS AGASSIZ

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