‹ Louis AgassizChapitre 166 sur 387 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

gueur de conviction qui donne à tout ce que vous dites, à tout ce que vous écrivez, ce caractère de mâle énergie qui entraîne un auditoire ou le lecteur.

Comme vous, j’éprouve un sentiment douloureux à la vue des progrès que font certaines tendances dans le domaine des sciences naturelles; mais ce n’est pas seulement le formalisme aride de la philosophie de la nature qui m’effraie (par là, je n’entends pas votre natural phïlosophy, mais ce que les Allemands et les Français entendent par Naturphïlosophie ) . Je redoute tout autant les exagérations du fanatisme religieux, qui, après avoir emprunté à la science quelques lambeaux qu’il ne comprend souvent pas, ou qu’il comprend mal, s’en sert pour prescrire aux hommes de science tout ce qu’il leur est permis de voir et de trouver dans la nature. Entre ces deux extrêmes, il est bien difficile de suivre avec fermeté une route sûre. La raison en est, je crois, que le domaine des faits n’est pas encore assez généralement connu et qu’en même temps, les croyances traditionnelles ont encore trop d’influence sur l’étude des sciences.

Voulant résumer les idées que je me suis faites sur toutes ces questions, j’ai donné ici cet hiver un cours public sur le plan de la création dans le développement du règne animal, cours que je voudrais pouvoir vous transmettre en entier; je crois que vous en seriez assez content, mais malheureusement je n’ai pas eu le temps de l’écrire et je n’en ai pas même un canevas. Cependant, mon intention est de travailler ce sujet et, plus tard, de publier là-dessus un livre. Si je vous en parle aujourd’hui, c’est que j’ai traité dans ce cours toutes les questions sur lesquelles vous me demandez mon opinion. Permettez-moi d’y répondre d’une manière un peu aphoristique.

11 m’est impossible d’attribuer les phénomènes biologiques qui se sont passés et qui se passent encore à la surface du globe, à la simple action des forces physiques de

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