AGASSIZ AU PROF. SEDGWICK
la nature. Je les crois dus, dans leur ensemble aussi bien qu’individuellement, à l’intervention directe d’une puissance créatrice, agissant librement, d’une manière autonome J’ai cherché à faire voir ce plan intentionnel
dans l’organisation du règne animal, en montrant que toutes les différences que nous présentent les animaux ne constituent pas un enchaînement matériel, analogue à une série de phénomènes physiques liés par la même loi, mais bien plutôt les phases d’une pensée qui se formule peu à peu dans un but déterminé. Je crois que nous en savons assez maintenant en anatomie comparée pour devoir abandonner à tout jamais l’idée d’une transformation des organes d’un type dans ceux d’un autre. Les métamorphoses de certains animaux, des insectes en particulier, que l’on a si souvent citées à l’appui de cette idée, prouvent justement le contraire par la fixité avec laquelle elles se répètent dans des espèces innombrables. Quand on voit cent mille espèces d’insectes subir annuellement des métamorphoses toujours semblables, mais différentes dans chaque espèce, et cela dès l'établissement de l’ordre de choses qui règne actuellement dans le monde, n’aura-t-on pas là la preuve la plus directe que la diversité des types organiques n’est, pas due aux influences naturelles extérieures. J’ai poursuivi cette idée dans tous les types de l’organisation animale. Puis j’ai cherché à montrer cette intervention directe de la puissance créatrice dans la distribution géographique des êtres organisés à la surface du globe, où les espèces ont des circonscriptions déterminées.
Pour prouver la fixité des types génériques et l’existence d’une puissance causale supérieure et libre, je me suis servi d’un moyen que je crois nouveau comme procédé de raisonnement. La série des reptiles, par exemple, nous présente dans la famille des lézards, des formes apodes, des formes à pieds rudimentaires, puis composés