DÉPART D’AGASSIZ POUR L’AMÉRIQUE
rieure, ses conditions atmosphériques, son degré de progression diurne et annuel et ses relations avec les glaciers environnants. Comme nous l’avons vu, et comme Agassiz le dit lui-même dans sa préface, ils avaient vécu pendant une série d’années dans l’intimité du glacier, s’efforçant de découvrir le secret de sa formation et de sa marche annuelle. L’ouvrage comprenait trois cartes et neuf planches et contenait trop de détails techniques pour laisser de la place aux descriptions pittoresques; aussi l’auteur parle-t-il peu des scènes merveilleuses dont il fut témoin et ne mentionne-t-il pas leurs aventures et les dangers qu’ils avaient courus.
Ses occupations ne le retenant plus à Paris, il se rendit en Angleterre, où il devait passer le peu de jours qui lui restaient encore avant son départ. Au moment de quitter l’Ancien Monde, Agassiz, qui était loin de prévoir l’établissement définitif qu’il allait trouver en Amérique, reçut, parmi les dernières paroles d’adieux, quelques lignes de Humboldt datées de Sans-Souci :
* Alexandre de Humboldt à Louis Agassiz.
Sans-Souci, le 16 juillet 1846.
.... Soyez heureux dans cette nouvelle expédition et conservez-moi la première place dans votre cœur à titre d’ami. Je ne serai plus quand vous reviendrez, mais le roi et la reine vous recevront sur cette colline historique avec l'affection que vous méritez à tant de titres.
Votre illisible et affectionné ami
A. de Humboldt.