CHAPITRE XIII
du lac Supérieur. Depuis mon retour à Boston, je fais la chasse aux oiseaux et je m’occupe à les comparer à ceux d’Europe. Il y a une foule de différences restées inaperçues; j’en mets en peau tant que je puis. Si M. Coulon m’envoyait des œufs d’oiseaux d’Europe, même les plus communs, je pourrais les échanger contre une belle collection des espèces d’ici. Je me suis aussi procuré plusieurs mammifères intéressants, entre autres deux espèces de lièvres différentes de celles que j’ai rapportées d’Halifax, des écureuils rayés, etc. Vous verrez un jour tout cela au musée; le pire est que je dois faire deux collections et ce n’est pas petite affaire que de rester à jour. Aussi, suis-je bien impatient de voir arriver mes compagnons de voyage que j’attends tous les jours
Je vous parlerai une autre fois des collections de Boston et de Cambridge, les seules aux États-Unis qui puissent rivaliser avec celles de Philadelphie. Aujourd’hui, j’ai fait un premier essai de cours. Je vous en dirai davantage dans ma prochaine lettre, quand je saurai comment cela réussit. Ce n’est pas peu de chose de satisfaire cinq mille auditeurs auxquels on doit parler une langue qui vous est peu familière.
Les accidents en mer ont été nombreux et terribles cette année. Quand je me dis que deux fois j’ai échappé à ces dangers en faisant le contraire de ce que j’aurais désiré, cela pour suivre ce qui me paraissait être mon devoir, je suis pénétré de reconnaissance envers la Providence qui me protège visiblement. Je pense alors à vous; je pense surtout à toi, chère et bonne mère. Adieu, vous que j’aime tant.