‹ Louis AgassizChapitre 203 sur 387 · AGASSIZ A ÉLIE DE BEAUMONT · texte numérisé non relu

AGASSIZ A ÉLIE DE BEAUMONT

glaciaires remaniés par la mer, tandis que plus dans 1 intérieur des terres, nous avons un dépôt glaciaire intact, quoique atteignant la côte par-ci par-là. Sur quelques points, l’altération est si légère qu’elle dénote seulement une élévation passagère de la mer. Dans ces circonstances, on doit naturellement s’attendre à trouver des fossiles parmi ces dépôts, et M. Desor, en compagnie de M. de Pourtalès, fut le premier qui les découvrit à Brooklyn, sur Long-Island, au sud de New-York. Ces fossiles étaient ensevelis dans un dépôt glaciaire de limon présentant tous les caractères ordinaires de pareils dépôts, avec des traces légères de sable stratifié. Il est vrai que le plus grand nombre de ces fossiles, tous appartenant à des espèces qui vivent actuellement sur la côte, étaient brisés en fragments anguleux, sans môme en excepter les coquilles épaisses de la Venus Mercenaria Le faubourg de

Boston* où je suis établi (East-Boston), est bâti sur une île d’un kilomètre et demi de longueur, s’étendant du nordouest au sud-est et variant sur différents points de deux cents à six ou sept cents mètres en largeur. La hauteur au-dessus du niveau de la mer est d’environ vingt mètres. Cette petite île est composée entièrement d’un dépôt glaciaire contenant des graviers rayés, mélangés de plus grands cailloux ou blocs et couvert également d’un nombre considérable de cailloux de formes et de dimensions différentes. A East-Boston, on ne peut pas voir ce qui se trouve sous ce dépôt, mais, sans aucun doute, il repose sur une masse arrondie de granit poli et strié, comme il y en a plusieurs autres dans le port même de Boston

Dans notre voyage au Niagara, nous nous sommes assurés, M. Desor et moi, que les dépôts de rivière dans lesquels on trouve parmi d’autres objets le mastodonte avec les coquilles d’eau douce de Goat-Island, sont postérieurs aux dépôts glaciaires. C’est un fait digne de remarque

Page 1