CHAPITRE XIV
tourés de boue, formant des masses non stratifiées, entremêlées et couvertes de grands blocs erratiques plus ou moins striés ou rayés; ceux qui se trouvent au-dessus sont ordinairement anguleux et sans marques. L’absence de moraines proprement dites, dans une contrée peu accidentée, n’est pas surprenante. J’en ai cependant vu de très distinctes dans quelques vallées des White Mountains et dans le Vermont. Jusqu’à présent, on n’avait rien remarqué de bien nouveau relativement à l’aspect du phénomène dans son ensemble, mais en examinant attentivement les arrangements intérieurs de tous ces matériaux, surtout dans le voisinage de la mer, on arriva bientôt à la conviction que l’Océan les avait couverts partiellement et plus ou moins remaniés. Dans certains endroits, il y a des amas de sable stratifié, interposés entre les masses de dépôts glaciaires; ailleurs, des bancs de sable et de gravier couronnent les irrégularités de ces dépôts ou en remplissent les dépressions. Dans d’autres localités, les graviers glaciaires ont été lavés et débarrassés complètement du limon, tout en conservant cependant leurs marques, ou bien celles-ci peuvent avoir disparu et les matériaux sont arrangés en lignes, ou, pour ainsi dire, en remparts de diverses conformations, dans lesquelles M. Desor a reconnu toutes les modifications des œsars de Scandinavie. Leur disposition, comme on la voit ici, est évidemment due entièrement à l’action des vagues et leur fréquence le long de la côte en est une preuve.
Dans une excursion que j’ai faite récemment avec le capitaine Davis sur un navire du gouvernement, j’ai appris à comprendre le mode de formation des digues sous-marines qui bordent la côte à différentes distances et qui seraient des œsars, si elles étaient plus élevées. Avec l’aide de la drague, je me suis convaincu de leur identité. Ayant ces faits sous les yeux, je ne puis douter que les œsars des États-Unis ne consistent entièrement en matériaux