‹ Louis AgassizChapitre 253 sur 387 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

mes souscripteurs, comme un faible et insuffisant témoignage de réciprocité pour la générosité avec laquelle vous m’offrez votre ouvrage.

Croyez-moi toujours votre dévoué,

Richard Owen.

Le cinquantième anniversaire d’Agassiz approchait; il avait décidé que l’apparition du premier volume des « Contributions » coïnciderait avec cette date et servirait ainsi de pierre milliaire pour marquer son demi-siècle. Il entreprit cette tâche avec l’ardeur- persévérante qui caractérisait sa nature, lorsque toutes ses facultés se concentraient sur le même objet. Pendant de longues semaines, il consacra à ce travail plusieurs heures de la journée et une grande partie de ses nuits ; de temps en temps il sortait dans l’obscurité pour respirer l’air et calmer sa fièvre de travail ; puis il se remettait à l’œuvre. Il sentait bien que cette surexcitation dépassait la mesure de ses forces, et ce fut pour lui un immense soulagement, lorsqu’au moment fixé il put mettre le point final à la dernière page de ce volume.

Les étudiants qui lui étaient le plus attachés et qui cherchaient toutes les occasions de lui témoigner leur reconnaissance, ayant appris qu’il désirait faire coïncider l’achèvement de cette tâche avec l’anniversaire de sa naissance, projetèrent de lui donner la veille une sérénade en l’honneur de cette double circonstance. Ils mirent dans leur confidence M. Otto Dresel dont Agassiz appréciait l’amitié aussi bien que le talent pour la musique, et ce fut lui qui composa le programme de cette petite fête. Sûrs que leur professeur serait encore à l’ouvrage à minuit, les

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