AGASSIZ. SON CINQUANTIÈME ANNIVERSAIRE
jeunes gens se placèrent sans bruit devant la maison, et lorsque l’horloge eut frappé les douze coups, le silence fut subitement interrompu par les sons harmonieux d’un choral de Bach. Étant sorti pour voir à qui il devait cette charmante surprise, il se trouva en présence de ses jeunes amis qui lui présentèrent des fleurs et des félicitations. Plusieurs morceaux bien choisis furent ensuite exécutés, y compris quelques chants d’étudiants allemands, en souvenir du séjour d’Agassiz à Heidelberg et à Munich et ce ne fut qu’à la pointe du jour que chacun se retira. Il est difficile de reproduire le charme original d une scène pareille, au clair de lune d’une douce nuit de mai, calme et tiède comme une nuit d’été. Nous la rappelons seulement pour montrer l’intimité affectueuse qui existait entre Agassiz et ses élèves.
Ce fut aussi à cette occasion que Longfellow composa les vers bien connus qu’il lut le jour suivant à un dîner donné à Agassiz par le Club du samedi. Holmes en parle en ces termes : « Un jour, Longfellow récita à table une courte poésie, composée pour l’anniversaire d’Agassiz, et jamais je n’oublierai la modestie et la délicatesse de sentiment avec lesquelles il débita ses charmants vers. » Quoiqu’ils figurent dans la plupart des recueils de poésies de Longfellow, nous les reproduisons ici pour compléter ce récit :
« Voilà cinquante ans passés, au charmant mois de « mai, dans le beau pays de Vaud, un enfant dormait « en son berceau.
« Et la nature, cette vieille nourrice, prit l’enfant « sur ses genoux et lui dit : Voici un livre d’histoires; « ton père l’a écrit pour toi.