CHAPITRE XXI
pour rendre compte de tout ce que j’ai trouvé, et je tiens à faire voir que les récits en apparence si étranges répandus au dehors, sont cependant strictement exacts. Oui, j ai à peu près dix-huit cents espèces de poissons du bassin de l’Amazone ! Cette collection, généralement en bon état de conservation, est actuellement à Cambridge. On doit en conclure que les autres fleuves du monde n’ont été explorés que très imparfaitement, ou que l’Amérique tropicale nourrit une variété d’animaux inconnue dans d autres régions. Ne vaudrait-il pas la peine d’explorer le Gange, le Brahmapoutra ou quelque grand fleuve de la Chine pour éclaircir ce tait? Ne pourrait-on pas le faire sous les auspices du gouvernement britannique ?
Envoyez-moi, je vous prie, ce que vous avez publié sur les poissons fossiles que vous possédez. Je soupire souvent après une nouvelle visite à votre musée et il est probable que je solliciterai dans quelques années une invitation de votre part, dans le but de réviser mes vues sur tout le sujet, mis en corrélation avec ce que j’apprends maintenant sur les poissons vivants. A propos, j’ai onze cents dessins coloriés des poissons du Brésil, faits d’après nature par mon vieil ami Burkhardt qui m’a accompagné pendant le voyage.
Mes dernières études m’ont rendu plus que jamais 1 adversaire des nouvelles doctrines scientifiques actuellement en faveur en Angleterre. Ce bruit, ces théories à sensation me rappellent ce que j’ai vu en Allemagne dans ma jeunesse, lorsque la physio-philosophie d’Oken avait envahi tous les centres d’activité scientifique; et pourtant qu’en reste-t-il? J’espère survivre à cette manie. Comme d habitude, je ne vous demande pas d’abord ce que vous en pensez et il est encore possible que j’aie fourré la main dans un nid de frêlons, mais vous connaissez votre vieil ami Agass et vous lui pardonnerez, s’il a peut-être touché une corde sensible....