CHAPITRE XXI
A cette date également, Agassiz reçut de Longfellow l’aimable lettre qui suit; vivant l’un près de l’autre et se voyant constamment à Cambridge et à Nahant, ils n’avaient pas souvent l’occasion de s’écrire.
H.-W. Longfelloiv à Louis Agassiz.
(Trad. de l’anglais.)
Rome, le 31 décembre 1868.
Mon cher Agassiz,
J’avais l’intention de vous écrire de la Suisse, afin que ma lettre vous parvînt comme une bouffée d’air du glacier pendant les chaleurs de l’été. Mais, hélas ! je n’y ai pas trouvé assez d’air frais pour moi-même, et à plus forte raison pour vous en envoyer de l’autre côté de l’océan. Il faisait aussi chaud en Suisse qu’à Cambridge; je n’en pouvais plus et ma lettre est restée dans l’encrier. Je l’en sors maintenant.
Une des choses que je tiens à vous dire d’abord, c’est le plaisir que j’ai eu à constater combien votre souvenir est encore vivant en Angleterre. A Cambridge, le professeur Sedgwick m’a dit avec émotion : « Faites mes amitiés à Agassiz. Portez-lui la bénédiction d’un vieillard. » A Londres, Sir Roderick Murchison m’a dit: « J’ai connu beaucoup d’hommes qui m’ont inspiré de la sympathie, mais quant à Agassiz, j’éprouve la plus vive affection pour lui. » Dans l’ile de Wight, Darwin m’a dit : « Quelle réunion d’hommes vous avez à votre Cambridge! Nos deux Universités ne peuvent en fournir de pareils. Vous possédez Agassiz; il compte pour trois. »
Une de mes journées les plus agréables en Suisse est celle que j’ai passée à Yverdon. Dans la matinée, je me