‹ Louis AgassizChapitre 312 sur 387 · AGASSIZ. LETTRE A A. DE LA RIVE · texte numérisé non relu

AGASSIZ. LETTRE A A. DE LA RIVE

enchaînement et l’importance au point de vue de la physique du globe. L’origine et le mode de formation du vaste système de nos fleuves américains m’a surtout occupé et je crois en avoir enfin trouvé la solution. Il reproduit les lignes d’écoulement des eaux à la surface des moraines de fond qui recouvraient tout ce continent, lorsque la grande nappe de glace, qui a façonné le drift, s’est fondue. On ne croira pas davantage à ce résultat, dans vingt ans, qu’on n’a cru à l’ancienne extension des glaciers, mais peu m’importe. Je sais, quant à moi, qu’il en a été ainsi et après avoir eu l’idée d’une époque glaciaire, qui est adoptée maintenant par tous ceux qui n’ont pas intérêt à s’y opposer et à soutenir de vieilles théories artificielles, je puis bien attendre un peu que l’on comprenne les changements qui l’ont suivie.

J’ai enfin acquis la preuve directe que la base des grandes prairies de l’Ouest est formée de roche polie. Depuis qu’on bâtit des villes dans la prairie, on commence par-ci par là à mettre à découvert la roche qui est aussi distinctement sillonnée par l’action de la glace et de son système de burinage que la Handeck et les pentes du Jura. J’en ai vu de magnifiques dalles dans le Nébraska, dans le bassin de la rivière Platte. Les physiciens 11e songent-ils donc pas encore à nous apprendre quelque chose sur les causes probables de changements aussi considérables et aussi bien établis ? Il n’y a plus moyen d’éluder la question en supposant que ces phénomènes sont dus à l’action de grands courants. Il s’agit bel et bien de nappes de glace de cinq à six mille pieds d’épaisseur recouvrant le continent sur toute son étendue et que l'on peut mesurer indirectement dans les États du Nord. Après la glace seulement, sont venus les courants. Et qui 11e sait pas distinguer les deux séries de faits et leurs enchaînements, n’entend rien à la géologie de l’époque quaternaire

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