‹ Louis AgassizChapitre 315 sur 387 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

\ 868-1871 - 61 à 64 ans

Souscription pour le Musée. — Nouveau bâtiment. — Arrangement des nouvelles collections. — Dragages du Bibb. — Centenaire de Humboldt. — Maladie d’Agassiz. — Personnel du Musée. — Lettres de Sedgwick et de Desliayes. — Projet de voyage du Hassler.

Quand Agassiz revint à Cambridge, il trouva le Musée dans une meilleure situation financière. L’état avait accordé soixante-quinze mille dollars pour une adjonction au bâtiment et les souscriptions particulières avaient fourni une somme égale pour la conservation et l’arrangement des nouvelles colléetions. Agassiz, en remerciant la législature, s’exprime ainsi dans son rapport du Musée pour l’année 1868 : « Tout en arrêtant avec joie mes regards sur ce « nouvel édifice qui nous fournira le moyen d’exposer « les collections maintenant entassées dans nos caves, « dans nos combles et qui encombrent toutes nos « salles, je ne puis considérer le moment où nous « en prendrons possession, sans trembler devant la « grandeur de notre entreprise. L’histoire de notre « science avec ses enseignements se présente tout « entière à mon esprit. Les penseurs du monde en- « tier se sont appliqués avec persévérance à la so-

AGASSIZ. LE MUSÉE DE CAMBRIDGE

« liition de tous les problèmes soulevés par les ani- « maux innombrables répandus sans ordre apparent « sur la terre et dans les eaux. Us sont parvenus à « découvrir les affinités d’une quantité d’êtres vivants. « Le passé a dévoilé ses secrets et leur a fait voir « que les animaux qui peuplent actuellement la terre « ne sont que les successeurs d’innombrables créa- « tures antérieures, dont les restes sont ensevelis « dans la croûte de notre globe. Des études plus « approfondies ont révélé les relations entre les « animaux des temps passés et ceux des temps « actuels , ainsi qu’entre la loi de succession des « premiers et les lois de croissance et de distri- « but ion des seconds, lois si profondes et si vastes « que ce labyrinthe de vie organique prend le carac- « tère d’une histoire bien coordonnée qui se dévoile « plus clairement à nos yeux, à mesure que nos conft naissances augmentent. Mais lorsque les musées de « l’Ancien Monde furent créés, ces relations n’étaient «. pas même soupçonnées.

« Les collections d’histoire naturelle, réunies à « grands frais dans les centres principaux de la civi- « lisation, n’ont été jusqu’ici qu’un entassement « d’objets destinés à montrer le savoir de l’homme « et son habileté à exposer les animaux et les pro- « duits variés de notre globe. Tout en les admirant « et en cherchant à rivaliser de zèle et de persévé- « rance avec ceux qui ont recueilli tant de maté- « riaux et fait pour la science tout ce qui était « possible dans leur temps, nous n’avons plus le « droit de créer des musées selon leur méthode.

« Ceux-ci nous ont préparé le terrain, ils ont accu-

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