‹ Louis AgassizChapitre 358 sur 387 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

1872-1873 - 65 à 66 ans

Retour à Cambridge. — Projet de fonder une école d’été. — Don de M. Anderson. — Prospectus et ouverture de l’école de Penikese. — Travail d’été. — Fermeture de l’école. — Dernière conférence au Musée. — Discours au Comité d’agriculture. — Maladie d’Agassiz. — Sa mort. — Son tombeau.

En octobre 1872, Agassiz était de retour à Cambridge. II semblait que sa première occupation devait être de mettre en ordre les collections qu'il avait rapportées, de rédiger un rapport sur son voyage, puis de passer tranquillement l’été suivant dans son laboratoire de Nahant pour y achever son travail sur les requins et les raies dont il avait encore rapporté de nouveaux et importants spécimens.

Mais une nouvelle entreprise à laquelle il avait luimême donné la première impulsion, vint imprimer une autre direction à ses pensées. En son absence, quelques-uns de ses jeunes amis en avaient longuement discuté et élaboré le plan, persuadés qu’avec le concours d’Agassiz la création de l’établissement serait assurée. Il s’agissait de fonder quelque part sur la côte du Massachusetts une école d’été où les maîtres et maîtresses de nos écoles et de nos collèges pourraient, pendant leurs vacances, se récréer et s’instruire

AGASSIZ. PROJET ü’üNE ÉCOLE D ÉTÉ

tout à la fois en étudiant l’histoire naturelle. Dès qu Agassiz tut de retour, on lui soumit ce projet qu’il adopta avec son ardeur habituelle. On n’avait ni argent, ni matéiiel, ni bâtiment, pas même le terrain nécessaire pour la construction; l’idée seule existait, et pour la réaliser, il déploya toute l’énergie de son esprit et de sa foi. Le prospectus fut promptement îédigé et éveilla aussitôt la sympathie générale.

Au mois de mars, lorsque les délégués de la législation du Massachusetts tirent leur visite annuelle au Musée de zoologie comparée, Agassiz leur soumit ce nouveau projet dont il lit voir l’importance pour la science en général et pour les établissements d’instruction du pays en particulier. Il en montra le rapport intime avec la mission éducative du Musée et les avantages que lui procurerait ce nouvel établissement. Pour cette raison déjà, pensait-il, l’école d’été méritait la sympathie du gouvernement. Jamais il ne plaida plus éloquemment la cause de l’instruction. Son genre d’éloquence n’est pas facile à décrire; jaillissant des profondeurs d’une conviction intime, elle unissait toujours à la chaleur de l’expression une remarquable simplicité. Sa parole conservait la fraîcheur de la jeunesse, parce que les choses dont il parlait n avaient point vieilli pour lui, mais se présentaient à son esprit avec la même vivacité que dans ses jeunes années.

Ce discours, prononcé dans la matinée et reproduit dans les journaux du soir, tomba déjà le même jour sous les yeux d’un riche négociant de New-York, M. John Anderson, qui ressentit aussitôt un vif intérêt pour cette œuvre et pour son promoteur.

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