‹ Louis AgassizChapitre 369 sur 387 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

pus sans anxiété monter à la tribune; et cependant, lorsque, se tournant vers le tableau noir, il dessina d un seul trait le contour irréprochable d’un œuf, il semblait qu’une main si ferme et un esprit si net ne trahissaient encore aucune atteinte de la maladie.

La lin cependant n’était plus éloignée. Il dîna encore le lendemain avec des amis et assista dans le cours de la semaine à une fête de famille, mais il se plaignit d’un obcurcissement de la vue et d’un besoin irrésistible de sommeil. Le 6, il revint de bonne heure du Musée, accablé d’une extrême fatigue et, depuis ce moment, il ne quitta plus sa chambre. Les docteurs Brown-Sequard et Morrill Wyman le soignèrent avec dévouement, et la dernière semaine de sa vie s’écoula sans grandes souffrances dans la douce atmosphère du foyer domestique. Les voix mêmes de son frère et de ses sœurs ne restèrent pas muettes et leurs adieux lui parvinrent à travers l’Océan. Les pensées et les grandes préoccupations de sa vie revenaient souvent sur ses lèvres, mais dans ses dernières heures, il vivait plus par le cœur que par l’intelligence. 11 expira le 14 décembre 1873.

Ses restes reposent au cimetière du Mount Auburn. Sur sa tombe, simple monument, s’élève un bloc de granit du glacier de. l’Aar, choisi aux lieux mêmes où se trouvait jadis sa cabane, et ombragé par de hauts sapins envoyés de la Suisse, sa première patrie. Le pays de sa naissance et le pays de son adoption se donnent ainsi la main sur son tombeau.

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