‹ Louis Bertrand et le romantisme à DijonChapitre 10 sur 12 · DE SAINTE-BEUVE · texte numérisé non relu

DE SAINTE-BEUVE

« Ce 13 février.

« Mon cher Pavie,

« Je viens vous dire qu'ayant vu hier Emile Deschamps et lui « ayant parlé de vous et de Bertrand, il m'a dit que vous le lui « aviez annoncé, mais qu'il n'avait jamais rien reçu. Ainsi votre « commission n'aura pas été faite. Il en est ainsi dans ce malheu- « reux pays de toutes les commissions où l'intérêt n'entre pas ;

• le libraire aura voulu épargner sa course. Si Emile Deschamps

• avait le livre, il ferait un article dans la France littéraire, il « en parlerait. En un mot il faudra en donner avec discernement « un certain nombre d'exemplaires ou se résigner à ce que le « livre pourrisse en magasin, si tant est encore que le libraire « consente à fournir une place qui ne lui rapporte rien. J'aurais « bien voulu aussi que Théophile Gautier en eût un exemplaire, « il me semble que cela doit lui aller. Enfin c'est une question de

» vie ou de mort pour ce pauvre Bertrand, car il n'est aucune « raison pour qu'il s'en vende jamais un second exemplaire dans « les termes actuels.

t Pardon de ces ennuis à vous qui avez déjà tant fait, mais « vous ne vous doutez pas à quel point est poussé ici l'insuccès, t l'insouciance pour tout ce qui ne va pas vous chercher et se « présenter de soi-même. Nous avons fait en douze ans de tristes « progrès à cet égard. »

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