DE SAINTE-BEUVE
« Ce 26 juin.
« Je suis bien en tort et en retard pour cette notice, mais je « redeviens libre au 1er juillet, et dès ce moment-là, je vais m'oc- « cuper d'écrire cette notice, nécessairement assez courte, aussitôt « faite, je vous l'adresserai par M. Lecîercq. Pardonnez-moi « cette longue éclipse qui a été remplie par des travaux très « opaques. »
« Ce mercredi.
■( Excusez-moi pour ce dernier retard, j'ai mieux aimé vous « envoyer la notice imprimée et corrigée pour qu'il y ait plus de « facilité à l'imprimer là-bas. Veuillez m'en renvoyer l'épreuve « pour que je la revoie. Aux endroits des citations, pour éviter « les doubles emplois, vous indiquerez après le titre les pages du « volume, du moins pour les trois derniers morceaux cités, mais i j'ai cru utile de les donner ici en échantillon. La notice passera « à la Revue de Paris, elle attendra un peu, si vous le désirez, « sinon, ce sera dans une huitaine. Vous remarquerez peut-être « dans les pièces que je cite deux ou trois petites différences de « mots, je m'y suis cru autorisé d'après les brouillons d'ici. »
« Ce samedi 1842.
« Mon cher Pavie,
« Décidément le guignon nous poursuit jusque dans les reliques « du pauvre Bertrand, et il faudra rétablir le mot pour être « juste. Votre envoi me trouve montant en voiture pour quelques « jours de campagne et n'ayant pas une minute pour rien lire ni « revoir avec l'attention sans laquelle je ne conçois pas ces sortes « de détails. Revenu de Troyes depuis près d'un mois, je me « demandais ce qui avait pu tout suspendre ; je vous croyais « quelque part en voyage pendant vos vacances, et souffrant des « yeux (suites de mes lectures de Troyes) j'attendais très patiem- « ment non sans désirer un mot de vos nouvelles. 11 faudra donc « absolument, mon cher Pavie, que vous m'accordiez cette môme « huitaine que je réclamais à mon départ pour Troyes. Si vous « avez besoin de vos caractères, passez outre alors quoique ce a soit la première fois qu'une telle chose m'arrive et que ce doive « être la dernière. Dans tous les cas la seule inspection de « l'épreuve n'est pas de celles après lesquelles on donne le bon à
« tirer avec sécurité. Je suis persuadé que toutes les fautes qui « peuvent se commettre se commettent (et cela non pas en impri- « merie mais en toutes choses) et la méfiance est devenue le triste « fruit de ma philosophie finale comme de ma typographie. Indi- « quez les dates si vous le voulez en manière de renvoi, mais je « vous en supplie n'intercalez [ici un mot raturé et illisible) ni « date ni autre chose, ce serait tout brouiller. Le mieux même serait « peut-être de ne rien indiquer du tout.
« Ne pourrait-on pas, si vous avez le manuscrit encore, mettre « à l'entête une page qui n'aurait pas trop l'air d'errata et où « vous diriez tout simplement : Plusieurs (superposé au mot « quelques-uns raturé) des pièces de Bertrand portaient une « date que nous avons d'abord jugé (un mot raturé et illisible) « inutile de reproduire, nous en rétablissons pourtant ici quelques- « unes qui peuvent fixer sur la succession secrète de ses senti timents.
a Sur les rochers de Ghevreuse (sic) — 1831 « Encore un printemps (1831). »
« Mon cher ami,
« Je reçois sommation de David en votre nom ; je vous renvoie « les pièces que vous m'avez envoyées manuscrites ; je mettrai « dans la notice la pièce, Rêveuse et dont la main balance et le a sonnet à Renduel ; voyez ce que vous feriez des autres. Je ne « puis de si loin décider , il faudrait faire cela ce mois-ci, faites » seul. Il me serait commode de les avoir encore pour en tirer i peut-être quelques strophes.
a Ce lundi. »
« Dimanche.
« Voici, mon cher Pavie. — J'insiste sur certaines grandes lettres « à mettre. Od n'en veut plus en typographie ; égalité de tous « les mots devant la loi. Anges, Roi, Fée décapités ; un de ces « jours on les ôtera à Dieu. A la Revue des Deux-Mondes, il m'est « impossible de les obtenir.
« Enfin en se conformant exactement à tout, il n'y aura pas de « faute au moins aux yeux de l'auteur.
« Si vous êtes pressé retouchez par la poste. Mais je vous prie, « pour m'éviter une relecture fatigante et complète, de joindre à « la 2e épreuve cette première-ci qui me guidera à vérifier ; ceci « est essentiel. »
« Samedi.
« Cher Pavie,
a Voici une fin ; il me semble que cela ne peut plus tarder,
i Vous pourriez en adressez un, ou quelques-uns, mais au moins
a un a M. Boitel (en marge Léon Boitel), imprimeur à Lyon et
« qui dirige la Revue du Lyonnais. C'est un de mes bons amis,
« poète ; il ferait faire un article dans la Revue et on pourrait
« en placer peut-être quatre ou cinq à Lyon. Il faudrait aussi
« avoir un petit dépôt à Dijon. Ici on en voudra quelques-uns,
• si on fait un nouvel article pour rappeler, car il y avait des gens i assez affriandés, je tâcherai qu'on le fasse. »