LIVRE XV
37. N’attendons pas d’etre terrasses par le malheur, la souffrance ou la mort pour nous souvenir du Dieu de notre enfance et pour lui parler sans temoins et sans retenue.
38. Nos travaux les plus utiles et les plus admirables seront comptes pour rien au jour du jugement. Seuls l’amour de Dieu, l’observance de sa loi et la pratique de sa voie nous ouvriront les portes de la vie sans melange.
39. Si nous pouvions nous contempler apres avoir medite le Livre, nous serions surpris devant notre propre spectacle. Combien, dans ce cas-la, les autres ne doivent-ils pas etre troubles par ces memes apparences ? Ainsi c’est uniquement l’Esprit de Dieu qui demele, en nous et dans le monde, la verite du mensonge, et c’est pour cette raison que nous devons demander avec insistance la lumiere qui nous eclairait au commencement et qui nous illuminera a la fin.
40. « Qui pourrait croire, sans l’avoir vu, qu’un ver meprisable et obscur se transforme en un papillon resplendissant de lumiere ? »
41. La lumiere qui recele le Seigneur est comme le vetement et comme l’ombre lumineuse du Parfait dont nous devons etre couverts si nous sommes trouves simples, fideles, aimants et purs, comme au dernier jour de la creation et comme au premier temps de notre nouvelle vie.
37’. Chacun accomplit ici-bas un travail utile ou agreable aux hommes et a lui-meme, mais quel est celui qui met la main en secret a l’ceuvre de Dieu ?
38’. L’ intelligence et la raison humaine sont d’humbles servantes qui ne doivent jamais usurper la place de 1’ inspiration et de 1’ amour qui sont les maitres de la maison de Dieu.
39’. Les apparences de ce monde sont etrangement trompeuses et troublent les plus avertis, comme elles egarent les mieux prepares. C’est pour cela qu’il est preferable de reserver notre jugement jusqu’au temps ou toutes les choses et tous les etres nous seront manifestos sans voiles et sans deguisements.
« Beaucoup critiquent tout et propagent le decouragement et la haine.
Bien peu consolent et offrent leur aide et leur amour. »
40’. Fuyons les mechants qui enfantent le mal, qui le nourrissent en eux-memes et qui le repandent dans les autres ; et recherchons le conseil de ceux qui n’ont pas d’interets dans le monde et pas de passions dans le cceur.
41’. Une fois, dix fois, cent fois, le Livre ne nous dira rien, mais crayons bien qu’a la millieme il nous parlera un peu, et qu’a la fin il nous apparaitra trap clair et trap evident, c’est-a-dire imprudent a l’exces.
41”. Ainsi, si le Livre nous etait pese au poids de notre or, s’il nous etait compte au nombre de nos jours et s’il nous etait mesure a la quantite de notre sang, ce serait encore peu de chose eu egard au don du Seigneur.