LIVRE XV
42. Celui qui mesure sa faiblesse dans le monde et sa force en Dieu, ne se compte plus pour grand-chose ici— bas.
43. Dieu ne se rejouit ni de notre agonie ni de notre mort dans ce monde. C’est pourquoi il nous propose la vie delivree de la souffrance et de la mort pour toujours.
44. C’est la secrete revelation de Dieu qui nous fait rentrer dans la poussiere et qui nous illumine tout a la fois.
Ainsi celui qui reconnait son Seigneur devient humble par mi les humbles, cependant il resplendit comme la lune qui reflete la lumiere du soleil.
45. Un travail long et solitaire, l’indifference ou la mefiance de tous, les refus, l’hostilite, la pauvrete, le silence et la solitude pour compagnons.
— Telle l’ceuvre sainte offerte aux morts, tel le salaire des morts qui ne la re^oivent pas.
46. Mais quelle importance cela at-il pour celui qui a la vision de la promesse etonnante du Parfait ? Car sa progeniture sera comme les etoiles dans le del, et ses fils peupleront la terre sainte.
47. Il est apparemment logique, pour ceux qui ne per^oivent pas plus loin que leurs sens exterieurs, de nier le salut de Dieu et de preconiser le salut de l’homme par le travail de l’homme.
« Pauvre travail, pauvre salut, avant-gout de l’enfer ! »
48. Ne disons pas a present : « Si nous avions connu le Livre, nous l’aurions honore et fait connaitre autour de nous », car beaucoup ont lu et presque tous se sont abstenus.
42’. Que peut offrir le monde a celui que Dieu a deja pourvu de son amour ? a celui qui suit sa voie ? a celui qui accomplit son ceuvre ?
43’. Si les livres saints sont si beaux et si profonds, c’est parce qu’ils refletent directement la splendeur de la lumiere divine et qu’ils nous entretiennent du mystere insondable de l’ceuvre de Dieu.
44’. Celui qui a la pleine conscience de sa faute devant Dieu, est precisement celui qui s’efforce le plus a l’effacer.
— Que sera done le remords de celui qui s’ est oublie dans le monde quand l’heure solennelle et imprevue sonnera pour lui ?
45’. Ce n’est pas l’amphitryon qui sera prive, mais bel et bien les convives qui s’abstiennent volontairement.
— Quant a celui qui est charge d’annoncer le festin de bunion sainte, il beneficiera avec ses amis de la part des absents.
46’. Leur lot sera formidable et comme absurde, car au-dehors ce sera alors la famine, la souffrance, le desespoir et la mort, et nul ne pourra fermer la porte de l’enfer, et nul ne pourra ouvrir la porte du del.
47’. Comment condamner ceux qui n’entendent pas la verite du Seigneur, quand il nous a fallu tant de peines pour penetrer dans le temple de Dieu et tant de temps pour decouvrir son cceur vivant ?
48’. Semons le Livre comme nous semons nos cceurs, afin que la semence de Dieu soit multipliee dans le monde et que le regne du Parfait soit ainsi avance pour tous.
49. Remercions plutot Dieu de ne pas etre tentes par une apparence commune, car celui qui ecrit n’est rien, mais celui qui dicte est tout.
50. Aucune parole d’Ecriture sainte ne contredit en fait la parole d’une autre Ecriture sainte. Ainsi Dieu apparait multiple en personnes, mais il est cependant unique en acte et en repos, comme etant l’Etre par excellence, c’est-a-dire le premier et le dernier en tout.
51. C’est tout de suite qu’il faut cesser de nous faire de nouveaux ennemis, et c’est a present qu’il faut nous reconcilier avec nos anciens ennemis. C’est tout de suite que nous devons menager et aider tous les etres de la creation. C’est a present qu’il nous faut combler le deficit enorme de nos actes d’amour envers le createur et envers les creatures.
« Remarquons que ce qui nous arrive est precisement ce que nous souhaitons aux autres ou ce que nous leur faisons subir. »
52. Les pauvres, les simples, les poetes, les artistes et les saints veritables ont-ils jamais maudit et extermine leurs semblables au nom des Ecritures saintes, ou de la charite, ou de l’amour, ou de la beaute, ou au nom de Dieu et de sa justice ?
53. « Les sectaires, les tortionnaires et les criminels ne sont pas de Dieu certainement. »
54. Celebrant les mysteres de Dieu dans un langage mort, pouvons-nous nous etonner de ne pas etre entendus par les croyants et de ne plus etre ecoutes par les simples ? Peut-etre cela indiffere-t-il les pasteurs et les troupeaux a present ?
49’. II suffit que le laboureur laboure, car c’est Dieu qui seme, qui arrose, qui fait germer, qui fait fleurir, qui fait fructifier et qui multiplie la semence.
50’. II nous faut done connaitre toutes les Ecritures saintes et les etudier jusqu’a ce que nous ayons decouvert l’identite premiere et derniere de la parole inspiree.
« Penser a Dieu et mediter sur sa creation, c’est prier et louer Dieu. »
51’. Les impies ont pris a leur compte la doctrine de fraternite que les croyants ont rejetee, et a present tous se combattent au lieu de se convertir, soit a la patience et a la douceur pour les uns, soit a l’humilite et a la generosite pour les autres ; c’est-adire, a l’amour de Dieu pour tout le monde. Quand beaucoup seront meurtris, depouilles et reduits a rien, les survivants reconnaitront peut-etre la sagesse de la loi de Dieu et la sauvegarde de sa voie sainte ? Ayant tout perdu, peut-etre seront-ils alors sans cupidite et sans haine ?
52’. Ceux qui aident secretement leur prochain en pensee et en action, re^oivent sans retard l’inspiration de Dieu et le secours des humains, mais souvent ils ne les per^oivent pas.
53’. Comment disputer avec le monde et entendre la voix du Seigneur en soi-meme ou remarquer l’occasion qui s’offre ?
54’. II faut toute une equipe pour ecrire un livre sur Satan, et les curieux se precipitent et admirent. II faut un seul croyant pour ecrire un Livre sur Dieu, et nul ne bouge et personne ne dit mot.
« O comme les intelligents sont devenus idiots a force d’ intelligence ! »