LIVRE XVII
57. La quantite des croyants importe peu devant Dieu, c’est leur qualite qui compte seulement. Ainsi ceux qui ne brillent pas dans la nuit ne rejoindront pas la lumiere de la splendeur premiere.
58. La liberte parfaite serait de ne pas avoir de besoins et pas de desirs.
« Ce qui scandalise les hypocrites n’etonne meme pas le saint de Dieu ; quant au sage, il lui suffit de considerer attentivement ce qu’il possede pour se trouver comble. »
59. Le malin ne saurait etre oppose a Dieu comme un egal, car c’est encore une partie du tout qui travaille sans le savoir a la purification hierarchique de la creation dispersee.
60. Les saintes Ecritures ne sont pas imbeciles, et les eglises ne sont pas idiotes, car ce qu’elles enseignent est preferable pour l’homme et ce qu’elles defendent lui est dangereux. L’ experience le prouve bien, car l’intelligence ne suffit pas ici pour se proteger des effets du peche primordial.
L’obeissance aux lois de Dieu, voila l’intelligence qui eclaire et qui sauve !
61. La sobriete, la simplicite et 1’ etude attentive des Ecritures saintes sont la sauvegarde du sage enqueteur de Dieu.
« Comme les climats chaleureux et comme les lieux paisibles facilitent la quete du Seigneur de verite ! »
62. Ce sont nos mauvaises pensees, nos mauvaises paroles et nos mauvaises actions qui donnent entree en nous aux demons du malheur, du desespoir et de la mort et par-dessus tout, la curiosite imprudente de nos premiers parents.
57’. Comme les saints de Dieu sont joyeux et vivifiants, et comme les mechants sont sinistres et mortels !
« Celui qui a remplace son intelligence par l’amour de Dieu et des homines, est un maitre. »
58’. L’Esprit Saint s’unira premierement au corps pour le reanimer ; ensuite l’ame divine unira ces deux dans la splendeur pour les glorifier dans le sein du Seigneur magnifique.
59’. L’abondance et la paix descended sur les saints de Dieu, comme la desolation et le malheur s’abattent sur les mechants.
Ainsi tous sont diversement enseignes ici-bas, mais les apparences sont trompeuses.
60’. Ceux qui, habilles, voyagent en bateau ne doivent pas mepriser ceux qui nagent nus dans la grande eau ; et ces derniers ne doivent pas moquer ceux qu’on mene en barque.
Car beaucoup des premiers font naufrage et plusieurs des derniers sont devores par les betes de la mer, avant de pouvoir parvenir au but.
61’. Quant a ceux qui demeurent sur la terre etrangere, ils se detruisent mutuellement et sont separes de la vie essentielle aussi longtemps que dure leur exil volontaire.
« Les mechants sont quelquefois les outils de Dieu sans que nul ne s’en doute. »
62’. Ce sont nos bonnes pensees, nos bonnes paroles et nos bonnes actions qui nous sauvent du melange infame et de la mort pourrissante. Mais par-dessus tout, c’est l’amour de Dieu qui nous illumine et qui nous purifie du poison antique.