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THÉORIE, ARCHAÏSME

ronnement de Napoléon el le Léonidas , ou vrages dans cbacim desquels, outre les progrès et les tentatives intelligentes faites successivement par l'artiste , on recon-. naît une énergie, un amour du vrai et un talent d'exécution dans les différentes parties de son art, qui lui appartiennent en propre.

Quant à l'arcliaisnie sur lequel se fondèrent les théories des beaux-arts que Lessing, Heyne, Winckelmann, Sulzer, Milizia, Hainilton, Men^s et Gessner répandirent en Eui'ope, David ne lit aucune découverte dans cette* science, mais il en reçut naturellement l'influence, et employa toutes les ressources de son talent pour mettre ces théories en pratique. A cet égard, David, qui ne parlait jamais qu'avec modestie même de ce qu'il comprenait le mieux, la pemture, loin de chercher à faire parade des idées théoriques qu'il avait pu puiser dans la conversation des savants, affectait de n'en rien dire.

Pendant les cinq années de pensionnat que David passa à Rome, de 1775 à 1779, le goût des recherches ! sur les monuments de l'antiquité était dans toute sa fer- ] veui'. Alors la vie studieuse de David lui faisait suivre, mais avec ses yeux , son crayon et ses pinceaux , toutes les découvertes que les hommes de pure intelligence signalaient aux artistes. David n'était pas immédiatement en contact avec ces derniers , mais parmi ses camarades il y en avait de plus favorablement placés, qui, lisant les théoj'ics et exerçant eux-mêmes les arts , transuiettaient ces idées à David dans un langage plus familier à son esprit.

Giraud, son ami, son contemporain, ce sculpteur qui ne craignit pas de proclamer hautement, en 1779, que le Saint Hoch était un bel ouvrage , eut une influence très-salutaire sur la mai chc (juc David suivit alors dans

ses études. Giraiid était né dans l'opulence, et se lança de très-bonne heure dans la carrière des arts. Ayant préféré

,1a statuaire presque aussitôt qu'il l'eut étudiée, ses yeux furent ouverts sur le mauvais goût de son temps par les articles sur la théorie des beaux-arts que Sulzer avait publiés dans V Encyclopédie de d'Alembert et de Diderot. Il partit de Paris pour Rome avec la ferme intention d'apprendre l'art, mais surtout de désapprendre (c'était son expression) les ro2(tines académiques. A Rome, il s'enferma en quelque

" sorte dans le musée du Vatican pendant près de trois années pour étudier l'antique , et bannir de ses yeux , effacer de son esprit les traces du goût qui déparait les œuvres d'art de son temps. Après avoir étudié l'anatomie à l'hôpital du Saint-Esprit , à Rome, il se mit à travailler d'après la nature, et se distingua réellement parmi ceux des artistes français qui s'efforçaient de faire passer la réforme dans la pratique. Alors c'était tout à la fois une innovation et une opération fort coûteuse que de faire mouler une statue antique en plâtre , et il ne fallut rien moins qu'un statuaire riche comme l'était Giraud , et aussi amoureux de son art, pour faire les sacrifices que l'on exigea de lui en pareille occasion. En 1799, époque où cet artiste avait formé à Paris une collection fort nombreuse de plâtres moulés d'après les antiques , dans son appartement , espèce de musée où les artistes et les amateurs étaient admis à travailler, il racontait toutes les difficultés qu'il avait éprouvées à Rome pour obtenir la permission de faire mouler V Apollon du Belvédère, et comment, outre le prix du moulage, il avait été obligé de donner au gardien de la staine six couverts et une grande cuiller en argent , pour le mettre dans ses intérêts.

Ces détails prouvent la vive ardeur avec laquelle on

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