LA BATAILLE DE LA MALMAISON
(Extraits dit, Carnet de route du commandant de Clermont-Tonnerre.)
Nous devons à l'obligeance de M'"" la comtesse de Clormonl-Tonuerre la communication de ces notes précieuses ; on sera heureux de les comparer avec le récit qu'on a lu plus haut d'Henry Bordeaux (voir aussi les Zouaves à la Malmaison, par le même auteur, dans les Lectures pour tous du 15 janvier 1918).
Nous publions ces pages sans commentaires et sans retouches, à l'état de notes, comme elles sont écrites; on s'est borné à suppléer les articles dans les phrases où ils manquaient, ces carnets étant rédigés dans un langage télégraphique, et à supprimer ça et là quelques jugements un peu vifs.
On verra d'après ce fragment quelle richesse de sensations et d'idées de toute sorte pn-sentenl les Carnets de (îlermontïonnerre, quel document de premier ordre ils formeront pour l'histoire réelle de la guerre. On verra quelle foule de portraits, de silhouettes, de caractères (généraux, soldats, officiers) se pressent à toutes les pages, quelle curiosité pour la vie, quelle tendresse pour ses humbles camarades s'y mêlent aux remarcjues tactiques, aux observations morales, au sentiment le plus artiste de la nature et du paysage, à l'incessante passion de la grandeur française. On prendra là une première idée de ce que sera la publication intégrale de ce magnifique témoignage sur la guerre.
Vendredi 10 octobre. — A 8 heures reçu les ordres. C'est
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décalé de 24 heures. — Nous avons un canon tous les y'", 50 pour cette ofTensive. Un prisonnier dit que la Garde est en ligne depuis douze jours, et ils ne pourraient plus être relevés, ni ravitaillés pendant la préparation. — Je commande par intérim le régiment. — Allées et venues entre le P. C. et les bataillons. Joli tour dans le bois; futaie de chênes rousse, dessous bleus; le soleil les dore, brume légère. — A 7 heures, messe du 3'' bataillon à l'entrée dubois, contre une baraque. — Avec Giraud, Signoret, Champfeu, Gonguet, Villebois-Mareuil.
Bulletin de renseignements de la 6*^ armée du 19.
Les Boches ont tiré :
Du i*"' au 15 octobre : 14'~.000 obus, dont 54.600 de gros calibre.
Du 15 au 30 septembre : 116.500 obus dont 45.900 de gros calibre.
Nous avons tiré :
Du 1*^' au 15 octobre : 404.000 obus, dont 50.00 de gros calibre.
Du 15 au 30 septembre : 235.000 obus, dont21.000de gros calibre.
A rapprocher des chiffres de Nieuport.
Samedi 20. — Préparatifs de départ. Beau temps, brume bleue. — 16 heures, visite du Général de Salins, quelques mots bien sentis. A 17 h. 10, départ du bataillon Giraud, 18 h. 10 départ du balaillon Helbert. — Polignac envoyé par Maud'liuy pour j assister : j'y assiste à la sortie du parc de notre château sur la route Chassemy-Vailly. — Serrement de cœur, en voyant passer mon bataillon, — Vu Langlet, retour du Lude où il a été en permission. Polignac dîne avec nous. — J'ai déménagé, pour laisser Dufoulon s'installer chez le jardinier. — Dormi de dix heures à trois heures dans une baraque près de la popote, avec Zemb.
Dimanche, 21. — Départ à 4 h. 30 pour le P. C. Arras après repas avec Foxonet, Zemb, Liénard, le Père Joyeux, Séoaffe. — Brouillard, nuit noire. Arrivée par le bas, cliemin à flanc de coteau à 6 h. 10. — Pas marmites. Bruit assourdissant de nos canons tirant dans nos oreilles. — Le colonel part seul vers 9 heures pour Avricourt. Vu passer quelques
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prisonniers boches de la (iarde, le soir : jeum's, Itien, ne paraissant |)as à bout. Trop di' monde autour d'eux ; ils ne disentrien d'intéressant. Cas(iue, bien liabillésde grisde fer, pattes de col blanches à lilet imii;";. — T.e sont des pens qui allaient installer une mitrailleuse dans des trous d'obus en avant de leurs lignes. — l'apieis. — J'atlends les notivelles de la reconnaissance de2;i heures (Uérau<l). Lalranchi'e du Classe-tôte est nivelée, les réseaux détruits, rien dedans.
— Organisé corvée, pour porter des denrées d'Aizy à Avricourt.
Dans la matinée, j apprends que le Jour J, qui devait ôlrc demain, est relardé à après-demain. — Visites à l'observatoire : ou voit le fort de la Malniaison, à travers nos éclatements et les traînées de fumée. Ciel bas, gris; les nuages courent, pluie intermittente.
Lundi 22. — Ma couchette, en face de celle du Peuly au 1*. 0. de la biigade, ancien P. C. du 3- bataillon. — Ordres, ravitaillement, préparatifs de départ. — Bordeaux arrive.
— Besson ne voulait pas de lui à Aviicourt. J'emporte l'affaire quand même. Visite d'un colonel et d'un cajiitainc japonais. A l'j h. 30, je pars : Bordeaux, Trichard. le Vive Joyeux, Sénaffe. parle boyau de llnlendance; un peu marmilés en chemin, le boyau est détruit par places. Les branches qu'on a jetées dessus pour le camoutlage, nous obligent à nous baisser, rendent la marche difficile : il y a de l'eau dans le fond. Nuit assez noire. Avricourt est très encombré. — C'est un P. G. presque créé par nos pionniers, qui y ont travaillé depuis le 2 septembre; des souterrains creusés dans la paroi de la carrière. — J'y retrouve le colonel Giraud, les officiers du 3'- bataillon. Vers minuit, Mourer (bataillon Madon) revient de sa reconnaissance chez les Boches : il n'a rien trouvé. Le 3" bataillon commence son mouvement à 24 heures, alors ilelbert avec le sien vient le remplacer à Arras, et Morand suit en réserve (b"^ tirailleurs). Je les vois tous. — Embrassé Giraud à minuit i)our le 3" bataillon.
Mardi 23. — Installation : chambre avec Foxonet. Bonnes couchettes de treillage. — Le bataillon Morand arrive lard. Vers 3 heures je pars faire le tour des lignes avec Delagre. (,-a tape très fort; les boches nous font un tir de contre-pré-
paralion formidable, Obus de tous calibres, percutants et l'usants. Des blessés. — Je vois le bataillon Morand, puis 13° C'*^, et la 14*^ longuement. Ils sont rasés dans le fond des tranchées et boyau.\, comme nous étions le 30 juin 1910 à la tranchée de Martigues. Le premier qui revient blessé à la cuisse, est Mœrdès, ancien cavalier (G. D. 37;. La journée est très pénible : nuit sonitre, embrasée d'éclatements ; nous sommes couverts de terre, ça nous passe partout autour : c'est une des choses les plus violentes que j'ai vues. Gela rappelle les barrages dllurlebise. Je dis un mot à tous en passant. J'arrive à la liaison de Giraud. La deuxième parallèle est tellement encombrée qu'il est impossible d'avancer. — Il est 4 h. 3/4, je n'ai que le temps de rentrer dare-dare. Le capitaine Mouillet vient d'être tué. — 40 ou 50 tués à la 14^ je crois.
Je rentre juste pour l'heure. Alors c'est l'angoisse, l'afllux des nouvelles. Je médis que Giraud passera, mais Helbert et Morand? Heureusement les Boches changent à ce moment le régime de leur barrage ; les 210 remplacent les petits calibres et fusants : c'est plus perméable. — Le premier objectif est atteint. — On dit que Bourdillat est tué. Villebois disparu, Leroi tué, Ghampfeu blessé. — llelbert arrive, blessé au bras, en haut, la balle a rasé la poitrine. Daléas n'a pas pu suivre, croit-il, ou bien il est blessé. Du Peuty mandé d'.\rras, arrive. — Quelques prisonniers. Je vais retrouver Henry Hordeaux à l'observatoire A. Z. — Ça va à gauche, mais moins aux chasseurs des G'^' et 07<= B.C. A. (Frère et Via); à droite.
A H. -f- 4 = (9h. lo), départ (de l'observatoire). — Renié, tué. — Bonnes nouvelles toute la matinée : le deuxième objectif est atteint. Je ne sors plus de la journée : ordres, papiers, etc. Bordeaux va au fort de la Malmaison puis nous quitte vers 18 heures. Faible réaction boche. Dormi de 3 heures à 3 h. 1/2. Lourdes pertes. — Du Peuty a pris le commandement du 4" bataillon (Helbert), au pied levé, il arrive avec peu de restants au Bois, et demande des renforts. On a poussé les réserves, Rothenflue à la place de Morand, puis Rafiniac, qu'on renforce de deux compagnies Rothenflue.
Mercredi 24. — Je pars avec le sergent Schlachter, de la 9" (réserve de commandement) k 6 h. 30. — Belle journée
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claire. Nous in.irclioris et» tfnain ilrieiuvci t : rt'-miiiiscence de Verdun. — Trrrasse houlover.si'e. 2 tanks et 1 caterpillar en panne entre le (Ihoniin des Dames, encore reconnais- .sahle, et le fort.
Hier à IF -j- ! Maraseliin part gaiement pour aller reconnaître notre P.C.. .Malmaison, salue en passant H. Bordeaux à l'observatoire, et est tué quelques pas plus loin d'une balle à la tète. — Des groupt^s de Roches brancardiers portent des blessés. Les relais de téléphone fonctionnent. — Du monde partout. — Quelques obus, des balles arrivent de la droite. Vu (loujat dans abri bétonné de Caroline Lucifer, au central Lucifer. Il a été intoxiijué hier. — Bien canardé dans le fort. — Fossés énormes, éboulis colossaux, boue glissante : monté d'abord sur le haut du cavalier, vue immense mais je suis tiré par mitrailleuses et obus. — Je me trompe de chemin, le mur ilescend à pic sur la cour intérieure ; obligé de faire demi- tour. Je rentre à la tourelle N. E. Un homme du génie me conduit par le fossé sud dans la cour. Vu au V. C. (iiraud, Beynts, Signorel.
Vu hier au poste de secours les blessés. Mare. Vivien, fionguet. — On croit Villebois-.Mareuil tué. Rourdillat blessé. — Hier soir, on a deuiandé la croi.v pour Champfeu amputé des cuisses. Daléas amputé.
l'arti avec Vivrel. — Temps clair. A la sortie du fort, des tas de 210.
Truchi passe sur un brancard, grièvement blessé ; je Tcmbrasse (élève cordonnier de Hulher, 13'^ G'"^. Des environs de Monaco, teint noir, œil vif). — Par où passer? l'n bond à dé-couvert jusqu'au boyau de lOrme, oiî les tirailleurs sont blottis. — P. C. (?) Morand, un gîte recouvert d'une tuile ilc tente violette, dans le genre du P. C. de la i'.V à Douauuiont. — Par où passer? Je prends le boyau entre les deux monticules, puis un bond en plein champ: obus, rafales de mitrailleuses; c'est i>ile ou face, le temps est ultra-clair. A la lisière du bois. 2 pièces de 77 camoudées ; vue idéale sur le bassin de l'Ailette, les collines, les villages. Lumière froide, bois dépouillés, première impression d'hiver ; au loin, la montagne de Laon, la cathédrale intacte semble tout près, bouche le fond de la dépression. De> i,'rinipes (lnn>^ le bui'^, arbres brisés, taillis
fourrés, mais coupés ras. à hauteur dliommc ; à mi-côte, du Peuty et Rotlier ; ils habiteut une sape tournée vers les Roches, qu'on est en train d'approfondir. Pente à pic. — Tout va bien, mais on voit des Hoches s'infiltrer par petites colonnes dans les bois au sud du Canal : Je ferai déclencher le tir de contre-préparation. — Entendu. — Du Peuty me donne des croquis et une carie boche : tout présage une contre-attaque. Le tir augmente.
Je repars. Boyau (?) de l'Orme. — Tir de 15 autour de la ferme. — Je passe au travers. — Des tirailleurs tués. — Puis à découvert par la route : quelques obus. — Fort, très marmite (210). J'en reçois pas mal eu entrant, et tout près. — Revu tout le monde. — Retour. Joli coup d'œil sur carrières de Rohéry. — Rentré à AvricourI vers il h. 30.
Vu les corps de Villebois-Mareuil et de Leroi au P. C , là où j'avais vu leur gaie toilette, avec Boiirdillat et Dardant, il y a un mois! Je lui laisse ses scapulaires, ses médailles, et coupe un morceau de vareuse contenant ses décorations, en forme de croix. Quelle destinée tout de même, et qui eût prédit, quand nous nous rencontrions k l'Union Centrale, que je lui rendrais un pareil devoir en ce lieu ! 11 a été tué à 100 mètres environ au sud de la Malmaison, chef de section de la G''^ de droite (Dardant). — Pauvre petit Leroi, fils d'un concierge de Paris, grand, blond, joli garçon, ancien fourrier de la C. M. ! Je le vois encore dans ses fonctions à Hurtebise et au Renaut. — Deux frères bien tournés, grâce aux sacrifices des parents.
Soirée de travail, d'organisation, etc. — ■ Déjeuner avec Ruspoli, frère de la duchesse de Cramont, colonel (?) italien, grand, blond, très bien. — Les deux Japonais étaient au fort ce matin.
Je passe la nuit. — Les chasseurs très éprouvés n'ont pas marché beaucoup, et ne sont même pas au bord du plateau. — A gauche, cela va très bien, cela s'accentue : si nous avions derrière nous quelques divisions fraîches, on les bousculerait jusqu'à Laon. Mais cela n'est pas dans le programme.
Jeudi 25. — Papiers, téléphone, etc. Nous progressons jusqu'à 200 mètres du canal : Du Peuty au nord, Pidaut au centre, Rafiniac au sud, et formant crochet jusqu'au
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cimelière do Pargny, où restent les chasseurs. — Le soir Pidaut dépasse le canal, mais ordre de rentrer; il ne peut demeurer seul en llèclio. — Interrogé le soir trois ofliciers boches, bien (lueicomincs. pris près de Hcauregard.
Vendredi 2t». -- Dt'placement du V. C. — Besson part à 6 heures, moi ;i 11 heures. Je monte avec Foxonet, quelques coureurs, le Hoche Weil, Alsacien juif, qui me sert de porteur. — Kn roule vu les corvées, qui enterrent les cadavres — Salués à l'entrée du fort. — Installation très sommaire, éboulis énormes partout. — A côté l\ <i. du ;{'-' bataillon. Je vais avec Signoret voir (lolognat, près de l'angle nordest, dans le fossé : un terrier à mi-pente. — Tour du propriétaire. — Je vois le P. Joyeux, décoré d'hier, très entouré. Il me dit (jue Simpson a été tué dans la parallèle de départ. Pauvre petit que Je couvais : condamné en conseil de guerre pour une erreur à Douaumont, il servait la messe au P. Joyeux, encore laulre Jour. Petit, gros, carré, figure dans le genre d'Albert Cavillon. gendre de Baptiste. Parisien, pieux. — Je vois sur la liste des tués et enterrés près du fort : Chrétien, 13" ('.'", tapissier, ancien ordonnance de Lemaire à Vaux Chapitre, (ionguet. grièvement blessé» dit à son ordonnance dans l'attaque ; « Ne me plains pas, J'ai communié ce malin ». — Villebois-Mareuil bien sûr de même. Lui, et C.liainpfeu, et Signoret avaient communié vendredi dernier.
Ordres, téléphone, etc. — Reconnaissances poussées par ordre, dune section chacune, sur Pont-Oger et le pont des Biltis. — Elles échouent, 1 tué, 2 blessés. — Cela devait se faire le 23 ou 2i, c'eût été désirable alors ; I*idaut a franchi le canal, s'y est installé, a été rappelé par ordre. — Maintenant, c'est troj) tard. — Et il en sera toujours ainsi.
Samedi 27. — Journée dans le Fort. Peu d'obus. Visite d'Hadelin de Liedekerke, conduisant desjournalisles anglaLs et américains, dont. Mien, que j'avais vu rue d'.Athènes.
Spectacle impressionnant h côté de la galerie voûtée, où est le P. C. — Salles voûtées communi(juant par des portes cintrées. — Fouillis d'hommes couchés dans toutes les poses, se touchant presque. — Lueur des bougies : un tableau de Hembrandt. Dans ce décor, Clouard avec un chœur chante Petit Matelot.
Le soir clair de lune, presque pleine, à travers une brume légère près de terre et enveloppant le fort qui se dresse tout seul, comme dans un nimbe. — Aspect fantastique de la cour : façades écroulées, laissant voir d'énormes alvéoles ouvertes. Plusieurs étages : un pan de façade reste debout, pierres bosselées, petites fenêtres, genre meurtrières, faux créneaux formant corniche. Puis des voûtes en moellons, et une confusion d'éboulis, montant jusqu'au premier étage : au clair de lune l'épiderme des murailles est gris perle, leur chair à nu toute pâle et blanche. — On dirait une vague eau-forte de Piranèse comme le spectre des Thermes de Caracalla ou de la Basilique de Constantina au Forum.
A une heure arrive du Peuty, relevé : étonnant, rasé, frais et rose. — Rochet raccompagne et a sa tête habituelle. — Rochet a pris le commandement.
Au fond, il y a eu une pagaille folle le jour J. — Cela ressort peu à peu : coincement au départ. — Le R. l. C. M.*, les chasseurs surtout, nous coupent : Léon (13'= C'*") se trouve marcher bientôt près de Goujat (9*'), — Et vers le 2"= objectif, du Peuty rend compte en y arrivant qu'il reste 15 hommes à une compagnie, 20 à une autre. — Peu à peu on en retrouve bien 80. — Mais voilà, chez les Boches la déroute a été complète, la pagaille pire. Quelques mitrailleuses résolues auraient fauché tout cela sur le plateau de l'Orme. — Conclusion : l'instruction individuelle et la valeur morale de chaque homme priment tout. C'est cela quil faut développer, et bien répéter les manœuvres.
Dimanche 28. — Le général de Salins vient en balade. Le lieutenant-colonel Roux arrive pour la relève. — Messe à 11 heures, Salins, Derigoin, Roux, etc. — Après déjeuner Besson décore au P. C. Rocher, Macia, téléphoniste, cité à l'ordre de l'Armée, du Peuty etDevoucoux. Quelques obus sur le fort. — Hier nous avons renvoyé nos 150 prisonniers, gardés comme travailleurs. — Coin de Bochie curieux, du côté des feuillées, près de restes de litière souillée. Il faut voir de quel air les zouaves tendent aux Boches leurs chaus-