Philologue de l'époque
2. Jean Clauberge jouissait d'une grande renommée, au dix-septième siècle. « Il se fit partout estimer des savants, » dit le dictionnaire de Ladvocat. Il avait écrit une « logique » très distinguée, et dont celle de Port- Royal s'est inspirée.
IDC LOUIS DE £EEJl.
lui-même, en lui dédiant «es « Elementa philosophie » : a Votre .munificence bien connue de tous les honnêtes amateure 4e la sagesse, celte munificence jointe à la modestie, à la prudence, à T humanité, m'a donné le courage de mettre sous v©s auspices mes efforts, pour augmenter et développer les sciences. »
Abraham Loly, auteur de Poèmes chrétiens, imprkaés à Utrecht en Ifôl, n'était pas moins élogkux dans so«û épHre dédicatoire, adressée à M. Louis de Geer, seigneur de Finspong :
« Vous vous êtes acquis un célèbre renom et une dignité très honorable. L'on trouve peu de vos semblables, qui, étant en telle réputation et estimé même entre les plus grands, êtes .néanmoins si doux et affable, envers les plus petits même. »
Tous ceux qui ont approché Louis de Geer s'accordent pour reconnaître sa générosité, sa piété, « l'intégrité de ses mœurs, sa conversation tant douce et facile. » « C'est le Côme de Mcdicis d'Amsterdam, » dit lun d'eux.
Il revint terminer ses jours dans celte ville ■d'Amsterdam qu'il aimait, où il avait été heureux, où il avait adressé, à celle qu'il regrettait toujours, un dernier adieu. La mort ne l'effrayait pas. Il la voyait venir avec calme.
Longtemps auparavant, il avait écrit ces lignes, en parlant de sa femme : « Grand Dieu, fais-moi la grâce de me duement préparer pour la suivre, afin que, lorsqu'il te plaira de m'appeler, je sois trouve prêt et n'aie rien qui me retienne attaché ici bas, mais qu'avec telle allégresse qu'elle a fait, je puisse désirer de déloger de ce corps, pour entrer en ton paradis céleste et jouir de la joie éternelle, en attendant Ja résurrection de nos corps. Mon Dieu donc, je te recommande mes enfants. Ils sont à toi, je les tiens de toi, je t'en fais hommage. Tu les a «réés, aies en soin. Écoute, Seigneur, les faibles •cris de ces pauvres orphelins, aies sur eux les yeux et le cœur d'un père céleste. Veuilles, mon iDieu, répandre sur cette petite postérité la grandeur de tes saiates bénédictions; ouvre
leurs oreilles pour écouter ta parole, leur esprit pour la comprendre, leur cœur pour Faimer r et leurs lèvres pour annoncer ta louange. Mon Dieu, fais que leurs prières soient des sacrifices d'Abel, agréables à ta divine majesté ; qu'ils soient tous possesseurs de ton héritage, qu'ils soient plantes droites devant ta face, oliviers au milieu de ton jardin, fruits de garde pour ta grâce, et tes enfants pour vivre toujours avec toi et pour reposer à jamais en ton saint sanctuaire.
» Mes enfants, voilà ma prière et mes souhaits que je fais à Dieu pour vous, dès maintenant jusques au dernier soupir de ma vie; si Dieu ne me donnait la force de vous le dire alors, prenez d'ici tant vos instructions queconsolations. Dieu vous en fasse à tous la grâce à ce puissiez persévérer en la foi de son fils^ Jésus-Christ. Amen. »
Le moment était venu, où Louis de Geer « désirait déloger de ce corps avec allégresse. » Il en avait assez de la vie. Il se prépara avec
sérénité aux instants suprêmes, réglant toutes ses affaires, s'occupant des pauvres, ayant san* cesse à la pensée ceux de ses enfants qui étaienl loin de lui. Peu de jours avant la fin, il écrivit à son fils Benjamin, alors à Heidelberg, une lettre tendre et touchante pour lui donner sa bénédiction et lui adresser ses derniers conseils. Les souffrances devinrent très violentes. Il les supporta avec le plus grand courage. « Mon Dieu, aies pitié de moi, » disait-il, « ne m'envoyes pas de douleurs au-dessus de mes forces, » et se reprenant : « Christ! tu as souffert pour moi de plus fortes douleurs. »
Il rendit le dernier soupir le 29 juin !Go2.
Louis de Geer n'est pas oublié.
En i783, la Compagnie royale suédoise mettait son éloge au concours.
En 1829, f Académie de Suède faisait frapper «an skm4 Jaom>eur urne médaille, portant d'un oôtéson effigie; représentant de l'autre un trophée naval, ayant pour bases un canon et une <épée, et pour exergue ces mots : « His amat hospes civfequte vocari. »
En 1839, la société formée à Stockholm, pour ;affl»éliorer le sort des marins pauvres, lui rendit «m hommage,, qui l'eût plus touché que les étoges et les médailles, ea donnant son nom à utne école aouvellemenit fondée^poar rimstmaelion des enfants des matelots.
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Le récit d'une telle vie porte en lui-même sa leçon. Après beaucoup de luttes, malgré dr trrandes difficultés, Louis de Geer a réussi. Il a été heureux, malgré de profonds chagrin?.
Le secret de son bonheur et de son succès est très simple.
Il a cru, il a travaillé.
Croire et travailler : Mots bien vieux assui^inent, et que Ton dit bien usés. Que Ton m* s'y trompe pas cependant, l'avenir est a ceux (jui sauront les comprendre et les appliquer. Les sceptiques peuvent se moquer de la foi. Ils ne la détruiront pas plus qu'ils ne peuvent nier sa puissance. C'est la foi qui fait les grands peuples; tout grand homme a eu sa foi.
Les paresseux peuvent mépriser le travail.
Ils ne lui enlèveront pas sa valeur. Le travail est une force, non seulement parce qu'il produit, mais aussi parce qu'il empêche. Aujourd'hui plus que jamais, il est nécessaire à tous- C'est une loi de la société moderne.
LOUIS DE liEEll. l*tt
Toute famille qui ne travaillera pas, est destinée à décroître.
Toute nation qui ne travaillera pas, marche à sa ruine.