‹ Louis et Charles, ducs d'OrléansChapitre 10 sur 39 · ÉTRANGER · texte numérisé non relu

ÉTRANGER

Le prince se rend à Amiens pour recevoir le duc de Lancastre. — Fêtes à cette occasion. — Il sert les épices au dessert. — Cadeaux que le roi fait à son frère dans cette circonstance.

La prospérité dont jouissait depuis longtemps le royaume de France touchait alors a son terme. On croyait encore à sa durée, lorsqu'au mois de mars ^ 39 1 (1 392) , les princes se rendaient a Amiens pour recevoir le duc de Lancastre que des pourparlers de paix amenaient en France (I). Les fêtes données au prince anglais furent de la plus grande magnificence ; les chroniques nous en ont conservé tout le cérémonial, et on y voit entre autres faits, que le duc d'Orléans, entouré des plus grands seigneurs du royaume, servit la table où dhiaient le roi de France et le duc de Lancastre. Toutes ces réjouissances n'aboutissent cependant qu'a une trêve d'un an ; mais elles servirent encore de prétexte à de nouveaux présents que le roi fit au prince son frère. Le duc d'Orléans reçut plusieurs fortes sommes d'argent : tant, disent les lettres patentes, pour

(1) Le Laboureur, Histoire de Charles yi.

« considération des bons et notables services que nous a fait

« nostre très chier et très amé frère le duc de Touraine, fait

« chascun jour et espérons que nous face au temps à venir,

a que pour lui aidier à supporter les grans frais, missions et

« despens que continueleraent lui convient soustenir entour

0 nous, pour le traicté que entendons estre faict proucbaine-

« ment avecques nostre adversaire le roy d'Angleterre, en

« nostre ville d'Amiens (-1).

(1) Ces letlres patentes de Charles VI sont datées de Paris 16 24 février de l'an de grâce 1391 (1392), le 12«' de son règne.

La somme que le roi accorde à son frère, dans celte circonstance, est de trente mille francs.

Page 1