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le chœur, il y a une sacristie, qui peut servir dé résidence temporaire au missionnaire, pendant "es quelques Jours de sa visite en été, Le sité; tout-à-fait solitaire, est propre à l'étude et à la méditation ; on n’y entend d’autres sons que le chant des oiseaux et le bruit de la vague qui vient déferler sur le sable du rivage. Là, pendant plus de la moitié d’une semaine, je donnai matin et soir les exercices de la mission, et tous y assistèrent régulièrement. Le dernier jour, qui était un dimanche, la congréga» tion se trouva au grand complet; car aux habitants du lieu s'étaient réunies plusieurs familles sauvages qui se rendaient à la rivière Saint-Augustin, “N'est-ce pas,” observait après la messe, un jeune homme né au Labrador, ‘“ qu’il y a beaucoup de mohde par ici! je suis sûr qu’il y avait plus de cinquante grandes personnes dans la chapelle.”
Entre les offices du matin et ceux du soir,
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je trouvais du temps pour lire et pour explorer les mornes voisins. Un cap, taillé à pc et qui s’avance dans la baie Rouge, à quelques pas de ja chapelle, excitait particulièrement ma curiosité Sur une saillie du rocher, à cinquante pieds au-dessus de la mer, s'élèvent quelques pierres, «qui semblent noircies par la fumée. A-t-on fait du feu sur cette pointe suspendue au-dessus d'un précipice ? Comment y a-t-om transporté du bois?— À quel propos des chrétiens se sont-ils nichés là-haut ? — Voilà l'énigme qui se présentait à mon esprit, depuis une heure que je rôdais sur la grève, au pied du cap. Comme je n'avais personne autour de moi pour m'éclairer sur ce sujet, je me décidai enfin à essayer de résoudre personnellement le problème. Attaquer le rocher de front, était tout bonnement se casser la tête contre une muraille ; il fallait recourir à la
stratégie, et prendre la forteresse à revers. En
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m'éloignant du rivage, je réussit à gravir le côteau, au moyen de quelques arbrisseaux ; puis, un sentier tracé par les chiens, me con: duisit au sommet du cap, d’où je me glissai tant bien que mal sur une œrniche du rocher, longue d’environ douze pieds et large de trois ou quatre. Sous mes pieds était le rivage d’où j'avais examiné ce nid d'aigle ; ce n’était pourtant pas un md d’aigle, mais bien un nid de montagnais, Oui, sur ces quelques pieds de roc, une famille sauvage avait passé deux semaines : ces pierres enfumées formaient la cheminée ; quelques branches d’épinette recouvertes de mousse marquaient le lieu où dormaient paisiblement le père, la mère et leg enfants, tandis qu'au-dessus grondait l’ouragan, et qu'au-dessous la mer dans sa furie ébranlait le pied du rocher. Des tisons noircis, des amas d'os de goëlands, et d’arêtes de poissons
prouvent que la chasse et la pêche avaient
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Le Labrador Sy : — | e abondamment fourni à la cuisine qu’on faisait Ÿ céans. Mais comment les enfants n’ont-ils pas A+ été lancés à la mer par leur étourderie naturelle, ai ou par la violence des vents? c'est ce dont je ? ne puis me rendre compte. — On m'apprit plus 1s tard que cette famille était une de celles qui en >ù pêchant et en chassant descendaient à la 1T- | rivière Saint-Augustin, le Dans mes promenades, je pus étudier à e Joisir la botanique du pays. Le règne végétal X y offre surtout des éricacées et des plantes alla pines, qui croissent dans les fentes des rochers, e- ou au milieu des couches de la longue mousse pù grise. Souvent, au fond d’un bassin creusé eg dans le roc, et dont les parois retiennent les n, gaux pluviales, s'étend sur un lit de deux ou Lit trois pouces de terre, un riche et moliet tapis, s formé par le @rosera rotundifolia: Cette plante s délicate, dont la teinte rougeâtre contraste
t avec le beau vert des lycopodes, occupe des