‹ Louis Hébert (volume 2)Chapitre 44 sur 74 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

pour les Anglais, malgré la mauvaise fortune de la France. »

Qu'il est admirable le courage de cette famille canadienne, résolue à faire tous les sacrifices pour demeurer dans la Nouvelle-France ! Notre histoire nationale est remplie d'épisodes sublimes; mais nulle part ailleurs se peut trouver héroïsme plus grand ! Couillard et les siens voulurent rester sur le rocher de Québec comme les gardiens du domaine que la France devait réclamer plus tard.

Deux autres Français demeurèrent dans la colonie. Ils avaient été envoyés par Emery de Caën et comme ils ignoraient ce qui venait d'arriver, ils se rendirent chez Couillard pour avoir des nouvelles. Ce dernier, en les voyant leur demanda ce qu'ils étaient venus faire? Nous sommes venus, dirent-ils, de la part du Sieur Emery de Caën, voir si YHabitation est prise. Hélas! leur dit Couillard, que vous êtes simples et peu avisés, ne le voyez-vous pas? fallait-il venir ici pour vous faire prendre? que dirat-on, sachant par les sauvages que vous êtes venus ici et que je ne le dise? Il y va de ma vie, et de toute la ruine de ma famille; il faut de toute nécessité si je veux me conserver, que je dise que vous êtes venus ici pour voir si M. de Champlain y était, et comment tout allait. Allons voir le capitaine Louis; il est galant homme, il ne vous fera point de tort. »

Accompagné de ces deux hommes, Couillard se rendit au fort où il rencontra Louis Kertk qui, après

les avoir réprimandés, les retint pour les mettre à l'ouvrage.

Pendant ce temps-là, les colons faisaient voile vers la France; mais M. de Champlain se proposait de revenir au Canada, pour y continuer son œuvre.

Le 9 février 1631, M"* Guillaume Couillard mit au monde une fille, qui fut appelée Elisabeth. Elle fut baptisée par un Anglais, probablement le ministre, car tous les religieux étaient retournés en France. Elle eut pour parrain Louis Kertk et pour marraine, la femme d'Adrien Duchesne, chirurgien. Les cérémonies du baptême lui furent suppléées en 1633 par le Père de Brébœuf, jésuite.

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