‹ Louis Hébert (volume 2)Chapitre 54 sur 74 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

temps, devenaient maîtres des langues sauvages et ils pouvaient être d'un secours précieux pour les 'missionnaires.

Parmi les plus remarquables de cette époque sont Le Tardif et Jean Nicolet qui furent alliés à la famille Couillard. Nous devons les faire connaître ici, car ils ont contribué à la fondation du premier séminaire sauvage inauguré à Québec par Mme Hébert.

Olivier Le Tardif, appelé par les Relations, M. Olivier, naquit à Honfleur. Tout jeune encore, il accompagna à Québec, M. de Champlain dont il s'attira la confiance et l'amitié.

En l'année 1623, on l'envoya chez les Montagnais et les Hurons.

De 1626 à 1629, il vécut à Québec où il fut tour à tour interprète et commis de la Compagnie des Marchands. C'est lui qui remit les clefs du magasin entre les mains des Kertk lors de la prise de Québec, en 1629.

Le 3 novembre 1637, il épousa Louise, fille de Guillaume Couillard et de Marie-Guillemette Hébert.

A quelque temps de là, il voulut être le parrain de deux sauvages et d'une autre jeune fille indienne qu'il eut le bonheur de baptiser lui-même en l'absence des missionnaires.

Pour donner l'exemple de la charité, il confia à Mme Hébert une petite fille des bois et il payait lui-même sa pension; elle s'appelait Marie-Olivier- Silvestre Manitouabewich ; elle se maria dans la suite à Martin Provost.

Mme Hébert, toujours dévouée, accepta la tâche que les missionnaires voulurent lui confier. Elle se chargea volontiers de les nourrir, de les vêtir et de leur inculquer les premiers éléments de la propreté, ce qui était inconnu chez les sauvages.

« Grâce au concours de M. de Montmagny et au zèle de M. Nicolet, dit la Relation, on parvint à faire consentir quelques Hurons venus à Québec pour la retraite, à y laisser six enfants... ce qui me semble un coup de Dieu.

» Ces petites filles, nourries et habillées à la façon des chrétiennes, sont mariées à quelques Français ou à quelques sauvages convertis. Tout consistera à les nourrir et à les doter, ce qui, je crois, ne leur manquera pas: Dieu est trop bon et trop puissant. Ces enfants sont nourris chez la veuve Hébert, dont l'époux (en secondes noces), le sieur Hubou, en a une à lui, qu'il nourrit et entretient.

» Le sieur Olivier Le Tardif, dans la même maison, en entretient mie autre que les sauvages lui ont donnée; il paye sa pension comme nous faisons pour les autres qui sont au logis. »

A ces petites filles d'autres se joignirent bientôt. Il fallut songer plus tard, à trouver un local plus convenable pour les y rassembler. La chapelle des Jésuites fut adaptée à cette fin; et les protégées de Mme Hébert s'y rendaient pour recevoir les leçons du Père Le Jeune.

Voici la description de ce séminaire. L'hiver était la saison choisie pour instruire les enfants tant fran-

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