‹ Louis Hébert (volume 2)Chapitre 58 sur 74 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

gaie firent « espérer quelque chose de bon de lui, » dit la Relation.

Deux ans après son arrivée, il fut envoyé chez les sauvages de l'Ile aux Allumettes, loin de toute civilisation. Il passa deux années entières au milieu de ces barbares où il s'initia à leur genre de vie vagabonde. Dans un de ses voyages il fut sept ou huit jours sans manger, si ce n'est qu'un peu d'écorce de bois.

En 1622, à la tête de quatre cents Algonquins, il se rendit chez les Iroquois pour négocier la paix; il réussit dans cette mission délicate. Quelque temps après on le retrouve chez les Nipissiriens où il demeura huit ou neuf ans. Durant son séjour avec ces barbares, il acquit une si grande autorité qu'il était regardé comme de la nation et qu'il avait le droit de parler dans leurs assemblées, car il maniait leur langue avec une étonnante facilité.

Après la prise de Québec par les Kertk, il demeura avec eux, mais au retour de M. de Champlain, il revint à Québec à l'emploi de la Compagnie des Cent-Associés. Il avait demandé son rappel: «inquiet, disent les Relations pour le salut de son âme. »

Champlain fut heureux de le voir; et, comptant sur son expérience, il lui confia une mission longue et périlleuse: la découverte de la mer de l'Ouest. C'était une croyance répandue alors qu'en se dirigeant vers l'Ouest, on parviendrait a découvrir la' mer de Chine.

Nicolet partit te 1 juillet 1634 avec le Père Brébœuf. En passant aux Trois-Rivières, il travailla à fortifier cette place. Puis il continua sa course et s'enfonça jusque sur le territoire des Illinois, il s'arrêta à trois jours de marche du fleuve Mississipi. Il revint à Québec par le même chemin; et on l'envoya plus tard aux Trois-Rivières. Il s'acquitta de ses fonctions d'interprète: « avec une satisfaction grande des Français, desquels, dit la Relation, il était estimé et aimé. Il aidait beaucoup, autant que sa charge le permettait, à la conversion de ces peuples, qu'il savait manier et tourner avec une grande dextérité, qui a peine à trouver son pareil. »

Le 22 octobre 1637, Jean Nicolet célébra son mariage avec Marguerite, fille de Guillaume Couillard.

Le contrat fut passé en présence des témoins suivants: noble homme, François Derré de Gand, commis-général de la Compagnie, honorable homme Olivier Le Tardif, Nicolas Marsolet, Noël Juchereau, Pierre de La Porte, honorable homme Guillaume Couillard, Marie-Guillemette Hébert, Guillaume Hubou et Marie Rollet, sa femme, veuve, en premières noces de Louis Hébert.

Nicolet reçut, en même temps que Le Tardif, une concession de cent-soixante arpents de terre sur le coteau Sainte-Geneviève. Un ruisseau, appelé Belleborne, séparait cette propriété, et Nicolet porta dans la suite le nom de sieur de Belleborne.

Nicolet, après son mariage, demeura aux Trois- Rivières. En 1642, durant l'été, il fut mandé à Que-

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