CHAPITRE XIII
Noël Morin compte encore de nos jours un grand nombre de descendants.
En 1649, s'éteignit dans le Seigneur, Marie Rollet. Elle survécut à Louis Hébert vingt-deux ans. Durant son séjour à Québec, elle sema autour d'elle les bienfaits. Les sauvages l'avaient en grande vénération. Elle fut, en effet, une de leurs plus dévouées protectrices. Le nom de Marie Rollet mérite une place d'honneur dans nos annales. Le Canada se doit à elle-même d'honorer cette femme qui a pris une si large part dans les travaux du premier colon.
Marie Rollet fut inhumée le 27 mai 1649, au milieu d'un grand concours de peuple. Les sauvages de Québec se firent un devoir d'assister aux funérailles de celle qui les avait entourés de soins et leur avait témoigné la plus ardente charité.
Guillaume Couillard, collaborateur de Louis Hébert, et son fidèle successeur, parvint jusqu'à une extrême vieillesse. Il eut la joie de voir les premiers progrès accomplis par la Nouvelle-France. La Providence lui permit de jouir ainsi du fruit de ses travaux. Il avait amassé assez de biens pour garantir aux siens un brillant avenir. C'était le plus riche habitant de la colonie. Il sut en même temps faire large part de ses biens aux communautés de Québec.
En 1652, pour aider à l'établissement de la première église paroissiale de Québec, il accorda à la fabrique un emplacement de quatre-vingts perches de terre. C'est le terrain sur lequel s'élève la Rasilique. En retour de cette donation, il obtint dans
l'église, un banc à perpétuité, pour sa famille et ses descendants. Ce banc est possédé de nos jours, par un membre de la famille Couillard de Lespinay.
Vers le même temps, pour favoriser les Dames de l'Hôtel-Dieu, il leur concéda un emplacement; il mit pour conditions, cette fois, qu'outre la jouissance d'un banc dans leur chapelle, et ce, à perpétuité, il recevrait la sépulture ainsi que Marie-Guillemette Hébert, son épouse, dans la même chapelle.
En 1654, le roi de France, pour reconnaître les services qu'il avait rendus à la colonie, le décora du titre de noblesse. Il prit pour armes: D'azur, à la colombe éployée d'or, tenant dans son bec un rameau d'olivier de sinople. Pour devise, il choisit: «Dieu aide au premier colon. »
Ses lettres de noblesse furent renouvelées en 1G68 en faveur de ses fils, Louis Couillard de Lespinay et Charles Couillard des Islets de Beaumont.
Les armes suivantes furent adoptées par les Couillard de Lespinay, des Prez, du Puy, des Ecores et L'Islois : D'argent, à l'olivier de sinople mouvant d'un rocher à trois coupeaux au naturel, éclaire par un soleil, en chef, à senestre, d'or. L'écu timbré d'un casque et d'une couronne de comte, avec une colombe d'argent en cimier, portant en son bec un rameau d'olivier de sinople. Supports: deux branches d'olivier. Devise : Prix des travaux n'a rien de vil.
Les Couillard de Beaumont, portèrent : D'azur au cerf d'argent, passant et contourne, ramé d'or, ongle de même. Devise: Au champ labeur, au camp valeur.