‹ Louis Hébert (volume 2)Chapitre 70 sur 74 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Mgr de Laval a dû se poser ces questions bien des fois. Mais il était réservé à la maison de la première famille canadienne l'honneur d'être aussi le berceau du Petit Séminaire de Québec. Dieu avait des vues privilégiées sur cette terre qui avait bu les sueurs de nos premiers ancêtres. Par une coïncidence heureuse, ce foyer chrétien, le premier établi sur nos bords, fut transformé en un foyer de science dont la gloire rejaillit sur notre pays et sur le continent américain tout entier.

Le contrat de vente fut passé le 10 avril 1666, en présence de Charles Bazire, receveur des droits et domaines du roi, et de Claude Charpentier. Mme Couillard vendit son domaine huit mille livres.

Afin de donner à Mgr de Laval toutes les facilités de paiement, elle exigea mille livres comptant, et trois mille livres au mois de septembre de la même année.

Cette somme lui fut payée en 1671. La balance des quatre mille livres fut remise aux héritiers en

Dix ans plus tard, la vieille maison Couillard fut démolie et on commença la construction d'un édifice plus spacieux. D'années en années le Petit Séminaire s'est développé depuis; cette maison est l'une des plus importantes de notre Province.

Les enfants de M>»e Couillard n'approuvèrent pas la vente de ce terrain; ils auraient désiré le conserver dans la famille. Mais Mme Couillard ne se laissa pas arrêter par ces considérations; elle pré-

voyait sans doute que le Séminaire rendrait des services considérables à la cause française au Canada. C'est pourquoi elle consentit à se départir de son riche domaine moyennant une somme relativement peu considérable afin de contribuer à l'entretien des prêtres du Séminaire et des missionnaires.

La fille de Louis Hébert ajoutait ainsi un digne couronnement a l'œuvre entreprise par son père sur les bords du Saint-Laurent: l'évangélisation des sauvages.

Dans ses dernières années Mme Couillard se retira chez les Dames de l' Hôtel-Dieu, où elle payait sa pension; c'est là qu'elle fit son testament dans lequel elle n'oublia pas encore les communautés de la ville de Québec.

Aux mères Hospitalières elle légua cinq cents livres; cent aux pauvres de l'Hôtel-Dieu; cent aux Pères Récollets; mille à Delle Gertrude du Tilly; cinquante à l'église de Saint-Joseph de Lévis; pareille somme à la Congrégation de la Sainte-Famille. Le notaire Romain Becquet reçut le testament, le 12 octobre 1683.

Mme Couillard décéda à l'âge de soixante-et-dixhuit ans, dans la salle des pauvres de l'Hôtel-Dieu; elle fut inhumée le lendemain, 20 octobre 1681, près de Guillaume Couillard, dans la chapelle de cette institution qui avait été l'objet de leurs libéralités. Lorsqu'il nous fut donné de visiter pour la première fois le coin de terre bénie où tout nous parle des travaux, des luttes et des souffrances de nos pères, lors-

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