CHAPITRE XIV
qu'il nous fut donné de parcourir les jardins du Séminaire et de l'Université Laval, nous nous sommes demandé si un jour la bonne ville de Québec ne songerait pas à immortaliser Louis Hébert et Guillaume Couillard.
Ce vœu que nous formulions en 1907, et dernièrement en 1912, est sur le point de se réaliser. Pour célébrer dignement le troisième centenaire de l'arrivée du premier colon canadien un monument splendide sera érigé dans la vieille capitale en 1917. Guillaume Couillard recevra, lui aussi, espérons-le, l'apothéose des conquérants pour avoir collaboré à l'œuvre de Louis Hébert.
Puissent les promoteurs du monument rencontrer l'appui de tous les vrais patriotes. La Province de Québec se doit d'honorer ainsi ces pionniers qui ont tant fait pour la Nouvelle-France. Elle pourra alors dire en toute vérité qu'ELLE SE SOUVIENT.
Hébert, toi le premier, du sol canadien,
Tu tiras ton bonheur, ta gloire et tout ton bien!
A tes côtés, Couillard, noble et digne recrue,
Comme toi s enrichit, en suivant sa charrue!
Honneur, cent fois honneur à ces Premiers Colons!!!!
Les descendants de ces premiers pionniers, qui sont légion, se réuniront, eux, dans la chapelle des Dames de l'Hôtel-Dieu, et y prieront pour leurs ancêtres; comme hommage de leur piété filiale, ils placeront une plaque commémorative à l'endroit où furent déposés jadis les restes vénérés de Guillaume Couillard et de Marie-Guillemette Hébert, son épouse. Iberville, le 22 décembre 1912.
Notes du chapitre VII, page 66 Titres des fiefs de Louis Hébert
Henry de Lévis, duc de Vantadour, pair de France, lieutenant général pour Sa Majesté très Chrestienne au gouvernement de la province de Languedoc et Vice roy de la Nouvelle France.
A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Salut :
Scavoir faisons que Louis Hébert l'un des sujets et habitants au susdit païs de la Nouvelle-France, nous a fait dire et remontrer que depuis plusieurs années, il a souffert de longs et pénibles travaux, périls et despenses supportées sans intermission à la descouverte des terres de Canada et qu'il est le chef de la première famille qui ait habité depuis l'an seize cens jusque à présent, laquelle il a conduit même avec tous ses biens et moyens qu'il avait à Paris ayant quitté ses parents et amis pour donner ce commencement à une colonie et peuplade chrestienne en ces lieux et contrés qui sont privés de la connaissance de Dieu pour n'estre esclairez de la Saincte Lumière, auxquelles fils s 'estant le dict Hébert arresté près le grand fleuve St-Laurens, au lieu de Québec joignant l'habitation qui est entretenue par la société par Sa Majesté et, par nous confirmée, il auroit par son travail et industrie assisté de ses serviteurs domestiques deffrichée certaine portion de terre com-
prise dans l'enceinte d'un clos, et fait bastir et construire un logement pour luy, sa famille et son bestail ; desquelles terres logement et enclos il auroit obtenu de Monsieur le duc de Montmorency nostre prédécesseur vice-roy le don et octroy a perpétuité par les lettres expédiées le samedy quatriesme février mil six cens vingt trois ; Nous pour les considérations susalléguées et pour encourager ceux qui désireront cy-après peupler et habiter le dit pais du Canada, avons donné, ratiffié et confirmé, donnons, ratifiions et confirmons au sus-dit Louis Hébert et ses successeurs et héritiers et suivant le pouvoir à nous octroyé par Sa Majesté toutes les susdites terres labourables deffrichées et comprises dans l'enclos du dit Hébert ensemble la maison et bastimens ainsy que le tout s'estant et comporte au dit lieu de Québec sur la grande rivière ou fleuve St-Laurens pour en jouir en fief noble par luy ses héritiers et ayans causes a l'advenir comme de son propre et loyant acquest et en disposer pleinement et paisiblement comme il verra bon estre, le tout relevant du fort et chasteau de Québec aux charges et conditions qui luy seront cy après par nous imposées et pour les mesmes considérations avons faict don au dict Hébert et à ses successeurs, hoirs et héritiers de l'estendue d'une lieue française de terre située proche le dict Québec sur la rivière St-Charles qui a estée bornée et limitée par les sieurs de Champlain et de Caen pour les posséder, deffricher, cultiver et habiter ainsy qu'il jugera bon estre aux mesmes conditions de la première donation, faisant très expresses inhibitions et deffenses à toute personne de quelle qualité et conditions quelles soient de le troubler ny empescher en la possession et jouissance d'icelles terres, maisons et enclos, enjoignant au sieur de Champlain nostre lieutenant général en la Nouvelle-France de maintenir le dict Hébert en sa susditte possession et jouissance envers tous et contre tous. Car telle est notre volonté.
Donné à Paris le dernier jour de février mil six cens veint six.
(Signé) De Vantadour.
Et plus bas
Par mon dit Seigneur vice roy
GlRARDET.
Scellé de cire rouge.
Par cet acte de concession Louis Hébert devint le premier seigneur de la Nouvelle-France. Le fief noble de la haute-ville porta le nom de fief du Sault-au-Matelot, le second celui de St-Joseph ou Lespinay. Les contrats de concession sont parvenus jusqu'à nous. Le fief Lespinay, situé sur la rivière St-Charles, fut réduit par M. de Champlain à un quart de lieue de front. Il avait quatre lieues de profondeur.
A la mort de Louis Hébert, sa fille, Mme Couillard entra en possession de la moitié de ce fief. Le 16 octobre 1680, elle en fit don à son petit-fils, Jean-Baptiste Couillard, écuyer, sieur de Lespinay, lequel plus tard, devint Lieutenant général de l'Amirauté et Lieutenant particulier de la Prévôté de Québec. A la mort de ce dernier, il passa à M. Jacques-Thomas Taschereau. Il fut vendu par Jacques Couillard Després et ses co-héritiers pour la somme de trois mille livres.
Note du chapitre IX
M. l'abbé Laverdière, qui publia les Œuvres de Champlain, était d'opinion que les familles Desportes, Pivert et Martin demeurèrent au Canada avec la famille Couillard-Hébert. Bien que la Relation de 1632 ne parle que de cette dernière famille, il paraît certain que la famille Martin demeura à Québec en 1629. Du moins trouve-t-on les membres de cette famille après 1632. Abraham Martin, qui légua son nom aux plaines d'Abraham, fut le père de Charles- Amador Martin, second prêtre canadien, et de plusieurs autres enfants. Sa fille aînée, Anne,
épousa, le 17 novembre 1635, Jean Côté, lequel compte de nombreux et dignes descendants. Marie Martin épousa Jean Cloutier, le 21 janvier 1648. L'honorable Joseph-Edouard Caron, ministre actuel de l'Agriculture et de la Voirie, au gouvernement de Québec, ainsi que l'auteur de ce modeste travail, descend d'Abraham Martin, par cette dernière.
Mgr Tanguay, dans son Dictionnaire généalogique, écrit : « Il est digne de remarque que Mgr Tacgé, évêque de la Rivière Rouge (St-Boniface) , compte à la fois parmi ses ancêtres en ligne directe, les trois premiers propriétaires de Québec, Louis Hébert, Guillaume Couillard et Abraham Martin. » Ce dernier fut inhumé à Québec, le 8 septembre 1664.
Généalogie de l'Honorable Joseph-Edouard Caron.
I. Robert Caron, chef de cette famille, épousa, à Québec, le 25 octobre 1637, Marie Crevet.
IL Robert Caron, l'un de ses fils, épousa, au Château-Richer, le 14 novembre 1674, Marguerite Cloutier, fille de Jean Cloutier et de Marie Martin ; celle-ci était née du mariage d'Abraham Martin dit l'Ecossais et de Marguerite Langlois.
III. Augustin Caron, né le 13 mars 1682, épousa, le 21 novembre 1712, à Sainte-Famille de l'Ile d'Orléans, Marie-Madeleine Gaulin.
IV. Joseph Caron épousa, le 17 juillet 1742, à Ste-Anne de la Pocatière, Marie-Françoise Saucier.
V. Jean-Baptiste Caron épousa, le 1er février 1781, à St- Roch des Aulnaies, Marie-Madeleine Pelletier.
VI. Joseph Caron épousa, le 28 février 1813, à la Rivière Ouelle, Marie-Madeleine Bouchard.
VIL Edouard Caron épousa, le 24 novembre 1851, Marie- Eliza Morneau ; en secondes noces, le 27 février 1862, Marie- Desanges Cloutier.