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CHAPITRE II

militaires lui gagnèrent bientôt les bonnes grâces du roi, et ce qui n’était pas à dédaigner, il put compter toujours sur la protection des plus influents personnages de la cour. Il avait donc bien des chances de réussir dans la fondation de la colonie, entreprise à la fois patriotique et religieuse, dont il voulut être l’âme dirigeante.

Catholique fervent et mû par Fardent désir de travailler à la conversion des sauvages de F Acadie comme aussi à F agrandissement de F influence française, il n’épargna ni les sacrifices ni les labeurs. Il est le premier en tête de cette longue liste de gentilshommes qui se dévouèrent pour la France et pour l’Eglise. Etendre leur race et leur patrie de ce côté de FOeéan, faire connaître et aimer la religion du Christ par les aborigènes, voilà ce qui faisait entreprendre aux pionniers acadiens des voyages pleins de fatigues et parfois si périlleux.

Le 11 mai 1606, M. de Poutrincourt s’embarqua sur le Jonas, navire de cent cinquante tonneaux. Plus pratique que son prédécesseur, il eut le soin d’apporter avec lui tout le matériel nécessaire au défrichement de la terre. Un avocat français, appelé Lescarbot, l’accompagna dans ce voyage. Si, aujourd’hui, nous pouvons raconter les détails de ces premières tentatives de colonisation en Acadie c’est à ce dernier que nous le devons.

La traversée s’effectua sans incident. Le lendemain de son arrivée. M. de Poutrincourt mit ses hommes au défrichement de la terre. C’est Lescarbot qui ncus l’apprend:

“Le vendredi, le lendemain de notre arrivée, le sieur de Pontrincourt, affectionné à cette entreprise comme pour soi-même, mit une partie de ses gens en besogne au labourage de la terre.”

Louis Hébert n’avait pas perdu son temps. Aidé de quelques serviteurs il avait abattu les grands arbres de la forêt et ce fut probablement ce terrain défriché qui fut labouré et ensemencé. “Le Sieur de Pontrincourt, écrit Lescarbot, fit cultiver un peu de terre pour y semer du blé et y planter la vigne, comme il fit à l’aide de notre apothicaire, M. Louis Hébert qui outre l’expérience qu’il a dans son art, prend grand plaisir au labourage de la terre.”

M. de Champlain, de Pontrincourt et Louis Hébert s’encourageaient mutuellement dans leurs travaux champêtres. La vocation du premier colon canadien se fortifiait de jour en jour en compagnie de ces hommes courageux qui se montraient si enthousiasmés des premiers succès. Celui-ci trouvait en outre les moyens de se perfectionner dans ses connaissances en botanique. Tout lui était sujet d’étude sérieuse, il cueillait avec soin des plantes dont il ignorait les propriétés et les étudiait afin de trouver un moyen de les utiliser au profit de la science. Il se rendait partout avec ses compagnons dans l’intérieur des terres, sur les cold’étude sérieuse; il cueillait avec soin des plantes médicinales. Les vignes sauvages qui croissaient en abondance attirèrent son attention. Il résolut d’en planter près du fort de Port-Royal. “Maître Louis Hébert notre apothicaire, écrit Lescarbot, désireux d’habiter ce pays-là, en avait arraché une bonne

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