CHAPITRE V
tain, et, près du feu, tes casseroles de cuivre(l) ....
‘ 'C’est avec une émotion profonde que le Père Joseph Le Caron bénit la demeure du pionnier de L agriculture. Il lui semblait célébrer Y alliance de l’homme avec la terre canadienne. Par delà il voyait comme en un rêve, les travailleurs du sol, tous ces vaillants défricheurs qui, la hache à la main, s’enfonceraient dans la forêt pour y fonder un foyer et il offrait à Dieu leurs rudes labeurs et leurs héroïques misères....”
Cachet de Fouis Couil- Armes de Guillaume Fontaine emportée de lard de I/Espinay Couillard France par Fouis
Hébert
Autour de son petit logis, il commença les premiers défrichements. L’histoire aurait dû enregistrer cette date mémorable, elle célèbre parfois de moins dignes anniversaires. Louis Hébert, en effet, ce jour-là, prenait effectivement possession du sol canadien. Sans pompe comme sans bruit, il commençait la véritable conquête de la Nouvelle-France, et la seule vraiment durable. Cet apothicaire parisien devint alors l’habitant vrai, qui s’identifie avec
(1) On peut voir au monastère des Révérendes Sœurs du Bon Pasteur, de Québec, une fontaine antique qui fut apportée au Canada par Louis Hébert, et qui a été conservée dans la famille Couillard de génération en génération.
la terre féconde, qui s’y attache par ses travaux, et qui y trouve sa vie, sa richesse et son bonheur.
Avant lui, les découvreurs avaient pris possession solennellement du Canada, mais y avaient-ils laissé après eux des vestiges de leurs passages? Non, ils étaient retournés dans la mère-patrie, à l’exception de M. de Champlain, sans avoir rien édifié, rien créé.
Mais par son geste de défricheur, il entreprit la conquête pacifique des terres de la Nouvelle-France. Il assura à son roi la possession de notre vaste pays; après lui, d’autres s’établirent sur de nouvelles terres; petit à petit, à mesure que la forêt recula devant les pionniers de la civilisation, des champs fertiles, des terres riches, fournirent abondamment les produits de la ferme, sources de richesses plus durables que celles du comptoir .
Jusqu’à lui, les Français n’eurent ni le temps ni la permission de se livrer à la culture. Les Associés des Marchands l’avaient défendu expressément. Avec le premier colon s’ouvrit la première clairière dans la sombre forêt, et une ère nouvelle commença à luire sur la Nouvelle-France. L’enfant des bois trouva, dès lors, dans les visages pâles, d’autres hommes que des marchands indignes; il rencontra des apôtres, des frères. Louis Hébert devint bientôt le confident et F ami des pauvres indigènes.
Les défrichements coûtèrent beaucoup de peines. Les arbres avaient d’énormes proportions et ils étaient durs à abattre. Que de coups il f allait donner
Louis Hébert Semant